Dani Joss

Liquid Photography

(Poeta Negra / Chica Chic)

 date de sortie

00/06/2004

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Dani Joss / Electronica / Poeta Negra

 liens

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Il s’agit là du premier disque de Dani Joss. Du moins, son premier essai en solo puisqu’on le retrouve au sein de S.ink, un collectif orienté improvisation et ayant sorti quelques mois plus tôt l’album Time and Timing, toujours chez Poeta Negra, quelque part entre ambient et post-rock de Chicago.
Dani Joss assure apparemment la partie électronique de ce collectif car Liquid Photography est assez direct et ne trompe personne. Mini album composé de cinq pièces pour une trentaine de minute, tenant son originalité dans la construction de ses morceaux.

Une chose est certaine, Dani Joss est sûr de ce qu’il fait et son propos d’une franchise troublante le rend presque attachant quand il fait preuve d’une certaine naïveté. Il n’a certes pas à rougir de ce mini album, mais quelques défauts, ou plutôt clichés, joués aussi franchement sont parfois un peu dommage, et en agaceront certains à coup sûr. Par chance l’auteur de cette chronique s’est plutôt laissé porté et a finalement pardonné ces quelques erreurs.
Revenons plutôt à la construction de ces morceaux. Il s’agit en fait de mini symphonies qui se voudraient électro-acoustiques mais qui par manque de moyen sont purement électroniques. Le premier morceau par exemple est découpé en trois mouvements : fate [vs] coincidence [vs] fate / FORCED / physical act of love. Le premier semble hésiter entre electronica minimale avec sa mélodie de bleeps épurée et ses textures ambient, tandis que le deuxième donne l’impression d’entendre un orchestre de cordes appuyées, graves et sombres, cinématographiques, pompeuses diront certains. Le dernier mouvement nous offre un retour au calme avec ses variations pour nappes sombres.

De la même façon, et parfois de manière brutale, Dani Joss met en parallèle deux styles ou les colle au sein d’une même pièce. Superbe mélodie d’electronica puis textures métalliques glacée pour un final ambient sur le deuxième morceau, basse cold-wave et envolées de guitare puis magnifique orgue lancinant qui nous rappelle le Along the Banks of Rivers de Tortoise sur un troisième titre qui, avec sa reprise et montée de guitare nous offre un final épique digne de Sigur Ros. Le dernier morceau débute quant à lui par une electronica à la construction relativement classique mais au rythme particulier, tout en suspense, avant ces cordes orchestrales et rythmique martiale pour un passage digne de In The Nursery, avant d’annoncer la fin à base de nappes ambient-noise saturées à la Fennesz.
Seul le quatrième morceau, au titre évocateur de two ex-lovers staring at each other se compose d’un seul mouvement : moins de 3 minutes, piano solo minimal, ambient dans la droite lignée de Brian Eno.

Les références sont évidentes, mais l’auteur maîtrise son sujet et construit finalement un album tout à fait cohérent, avec une dominante ambient sombre pour l’atmosphère générale, construite à partir d’electronica mélodique ou d’éléments néo-classique. On ne vous cachera pas que l’on a hâte d’écouter la suite.

Fabrice ALLARD
le 12/02/2005

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