(Schematic / Venus Works)
05/01/2005
Electronique

Dino Felipe, fidèle de l’écurie Schematic, sort ici son deuxième album après Flim Toby, sorti en 2002. Le principe est un peu le même, avec 26 morceaux où se confrontent tous les styles pour former une musique électronique déjantée, pas si éloignée que ça de Phthalocyanine dont on vient de chroniquer le dernier album.
I’m You est un patchwork composé de pièces de quelques secondes et de morceaux d’une durée un peu plus classique mais au style toujours aussi personnel. You’ve Wrecked Me, le premier du genre, est assez représentatif de l’album avec ses rythmiques insaisissables et plutôt dures, ses plaintes de laptop saturées, et mélodies naïves et/ou répétitives. On préférera uVVu & Climb, autrement plus fin avec sa mélodie douce et métallique, ses voix filtrées et sa rythmique electronica. Une construction certes plus classique, mais un traitement sonore qui évite les clichés du genre.
On regrettera par contre que ce genre de réussite soit un peu trop rare. En même temps le ton de l’album n’est pas vraiment à la ritournelle pop mélancolique. Ici c’est le souk qui est à l’honneur : des gargouillements de laptop règnent sur Nemethesis (part 2), des rythmes bruitistes côtoient des mélodies ludiques sur The Skinny Effect, une sorte de robot détraqué compose à lui tout seul Duostrux, on a même droit à un mélange electronica-funk-noisy avec Punk On 32nd. Dino Felipe s’amuse aussi à toute sorte de collages pour un résultat là aussi assez inégal, paraissant un peu gratuit sur Body Shop, et vain sur Chairsex (copper) malgré la reconstitution d’une ambiance nocturne et champêtre. On préférera 8 x 1942, plus proche d’une musique concrète avec utilisation d’extraits de film.
Mais l’Américain sait parfois se faire plus efficace, en particulier quand il flirte avec une électro minimale qui rappelle parfois les Chicks on Speed. Mélodie de basse électronique sur A Peach Bump With Friends, une voix féminine scandée sur Galk & Toth ou le sautillant Neck, particulièrement accrocheur. On a parfois un peu l’impression d’écouter une démo d’un ado collectionneur de vieilles cassettes ou d’un nerd, mais Dino Felipe sait tout aussi bien construire une chouette ritournelle printanière comme le prouve The Orange Field, ou même un morceau de jazz improvisé sur Georgia.
Au final le bilan est mitigé : quelques belles pièces dispersées au milieu d’un joyeux bordel. Avis aux amateurs d’un esprit punk dans un corps de laptop.
le 04/03/2005