(Parametric / Organic)
01/11/2004
Electronique

Nouvel artiste chez Parametric, et premier album pour Nimp que l’on avait déjà remarqué en 2003 sur la monumentale compilation qfg : du même label. Ce CD sort dans cette même série initiée par Haïku, d’apparence austère mais stylée avec son boîtier métal. Pour palier l’absence de jaquette, une piste CD-Rom apporte quelques bonus bien agréables.
Si la pièce ambient que l’on découvrait sur la compilation qfg : nous avait fait une forte impression, on a ici l’impression que Nimp produit une musique un peu moins personnelle, à savoir une electronica mélodique, douce à l’oreille, aux rythmiques qui évitent toute démonstration de virtuosité, mais l’ensemble nous fait quand même une impression de déjà entendu. On n’attendra donc pas de révolution musicale avec ce disque qui assume pleinement ses références, à la croisée de Warp et de Morr Music. Et puis finalement, en y regardant de plus près, on se laissera prendre au jeu. Peut-être parce que l’on a envie de mettre le premier titre en boucle, parce qu’il y a quelque chose qui retient l’attention, parce que l’assemblage de ces nappes sourdes, de cette rythmique faisant penser à des cuillères qui s’entrechoquent, et de ces grésillements fracturés nous paraît simple mais fonctionne à merveille.
Certes Nimp ne s’encombre pas du superflu. Ses rythmiques sont carrées, ses mélodies minimales, ses bleeps d’une propreté étincelante, ses nappes cajoleuses, flottantes ou mélodiques, et tous ces éléments s’assemblent plutôt bien, mais on regrettera d’être trop souvent caressé dans le sens du poil (The Unexpected) tout en reconnaissant que l’artiste sait aussi nous donner envie de danser (Hopalong).
Et puis Nimp est bien loin de s’endormir sur ses lauriers, et ne cesse de nous surprendre pour au final composer un album éclectique. Il abandonne un peu l’électronique pour une mélodie de kalimba ou équivalent sur Contest, ou une rythmique de batterie sur Mm, petite pièce ludique, voire même naïve, à l’image de Progress Report 1, extrêmement minimal.
Et puis sur le dernier tiers, le jeune français semble explorer le territoire des musiques de films avec des pièces assez évocatrices. Notes répétitives et nappes sombres créent un suspense inquiétant sur Creeps. Quelques bruitages nous font presque sursauter jusqu’à ce que l’on trouve refuge dans une sorte de cabaret évoqué par un chant. The Final Boy sort carrément du lot, franchement orchestral, où se côtoient flûtes, cordes et choeurs pour une pièce ambient douce et tristoune. La balançoire américaine en est le prolongement direct, avec le clapotis de l’eau, quelqu’un qui semble ramer régulièrement, un violoncelle qui imite la sirène d’un bateau et le retour des cordes pour un très beau final.
On ne reviendra pas sur nos propos, cet album ne révolutionnera pas l’histoire de la musique, mais dans le genre, on est plutôt dans le haut du panier. Et puis comme promis, en bonus, une piste CD-Rom avec des vidéos, et trois MP3 qui respectent l’éclectisme de la partie audio.
le 04/03/2005