(The Music Fellowship / Import)
26/10/2004
Rock

Un peu moins de deux ans après les deux premiers volumes, voici enfin le nouveau disque de la très bonne série Triptych du label The Music Fellowship. Après Yellow6, Rothko, Landing, Paik, Kinsi et Surface of Eceon, c’est au tour de 1 Mile North, Colophon et The Wind-Up Bird d’officier sur ce split-album où vingt minutes sont dévolues à chaque groupe ou artiste.
Proposant un post-rock contemplatif fait de nappes et de notes éparses de guitares, le duo 1 Mile North ouvre Conduction. Convection. Radiation de belle manière : introspection et profondeur des atmosphères croisent de prenantes suites de notes. Sur le deuxième morceau (Ashes & Dust), un piano a remplacé la guitare mais l’ambiance générale demeure identique, à ceci près que le dépouillement se fait peut-être un peu trop ascétique. En effet, le morceau suivant (Silence the Deaf) en apporte la preuve a contrario : une petite pulsation est ajoutée, deux guitares interviennent et, immédiatement, la musique de 1 Mile North prend une dimension tout autre, allant de l’ambient à la pop éthérée pour finir en post-rock évanescent.
On avait déjà croisé plusieurs fois Colophon, le projet solo de Jefre Cantu-Ledesma de Tarentel : 10", participation à diverses compilations… On le retrouve ici dans son style habituel : travail sur les nappes de guitare, petites notes disséminées çà et là, légers glitchs, sons semblables à une fine pluie, samples de discours lointains. Restant un peu trop rivé sur son schéma initial dans Texas Heart, Colophon n’en offre pas, pour autant, d’intéressants morceaux qui, de plus, participent à la belle cohérence du split-album.
Avec le premier titre de The Wind-Up Bird (Violin & Trumpet), on semble tout d’abord basculer dans le free-folk : violon jouant comme s’il s’accordait, absence d’autres instruments ; puis, d’autres cordes et une trompette font leur apparition pour un morceau en vérité plus proche du post-rock. Les titres suivants (Voice & Sine Wave et Voice & Bells) s’orientent, pour leur part, davantage vers le drone : texture composite (sons micro-électroniques, mini bruit de sonar), vocalises suggérées ou présence de cloches et lente évolution. Mais Joseph Grimm a gardé le meilleur pour la fin : Guitar & Bass développe en effet un crescendo aussi émouvant que captivant où les instruments sont incorporés les uns après les autres pour former un maelström harmonieux et séduisant.
le 19/03/2005