(Rocket Racer / Import)
00/02/2005
Electronique

Nouvelle signature du souvent intéressant label de San Diego Rocket Racer, Ignatius nous livre un long (soixante-et-onze minutes) album d’electronica aux structures métalliques et sonorités assez dures.
Dès le morceau d’ouverture (Ambition), on est plongé dans ce que sera l’ambiance principale du titre : relative sobriété dans les sonorités (trois strates maximum sont superposées), mélodie jouée par des rythmiques oscillant entre caractère industriel et froideur robotique, titres plutôt longs où le morceau tourne pendant les deux premiers tiers avant de finir d’une manière assez différente (en l’occurrence, les rythmiques se taisent et laissent place à des successions d’éléments électroniques divers). Par la suite, les pulsations réverbérées et métalliques prendront encore plus d’importance, relayées par des beats plus sourds, dans un mélange plutôt convaicant. Pourtant, au bout de trois morceaux, l’album semble tourner en rond : les constructions paraissent être systématiquement les mêmes, les sonorités toutes identiques et l’évolution interne de chaque titre de plus en plus limitée ; ajoutons à cela que la longueur excessive de certaines pièces (jusqu’à douze minutes) n’arrange rien à l’affaire.
Heureusement, un morceau comme Death Truck, placé en milieu de disque, vient à point renouveler la donne en mettant de côté toute rythmique et en privilégiant un travail sur les textures, installant une atmosphère sombre au possible. Mais bien vite, cet « intermède » passé, Steve Westbrook repart dans les ambiances qu’il affectionne plus particulièrement et enchaîne des titres qui, au final, ne nous font plus aucun effet. On relèvera toutefois, en clôture de Gossamer, un remix de Death Truck par Galena (alias Billy Sprague, label manager de Rocket Racer, qu’on a déjà pu entendre à l’œuvre sur l’album de remixes de Yellow6) qui, dans un premier temps, concentre son attention sur les beats sourds et épars du morceau original et y ajoute des glitchs acérés, de manière à faire passer les premiers pour des explosions et les seconds pour les éclats et impacts ; ensuite, il poursuit dans cette veine évocatrice par la présence de petites notes semblables à des gouttes de pluie ou nous projetant dans une ambiance digne du plus angoissant des FPS via des bruits de tôle froissée et une texture sépulcrale.
le 26/03/2005