Toychestra & Fred Frith

What Leave Behind

(SK Records)

 date de sortie

00/06/2004

 genre

Electronique

 style

Avant-Garde

 appréciation

 tags

Avant-Garde / Dan Plonsey / Fred Frith / SK Records / Toychestra

 liens

Fred Frith
Toychestra
Dan Plonsey
SK Records

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Toychestra est un groupe féminin d’Oakland : à 5, elles utilisent des jouets à fins musicales. Il y a la boîte à Meuh et à Miaou bien sûr, nettement discernables, mais aussi de nombreux trains, mini-piano, et autres objets indéfinis utilisés comme percussions . Et des voix surtout, limpides et habiles, qui composent de trop rares esquisses de chant. Attention, on range ses a prioris , on est loin du délire enfantin kitsch rigolo de Dragibus qui force au sourire, ou à l’agacement. Il y a un travail d’accords et d’harmonie chez les demoiselles aux joujoux, qui créent , sur Sassy Pony (SK records) des nappes sombres et mélancoliques . Elles collaborent pour ce projet avec le grand Fred Frith, improvisateur multi instrumentaliste, qui œuvre depuis plus de 30 ans entre le rock et la musique nouvelle, et aligne les collaborations fructueuses (Ikue Mori, Brian Eno, Zeena Parkins pour les pontes). Le label lyonnais SK records nous présente dans cet opus la réunion entre ces filles et Frith l’incontournable, qui interprètent le concerto en 5 parties pour guitare électrique et orchestre de jouets du compositeur Dan Plonsey.

L’album est mélodique, les morceaux répondent à une structure organisée en boucles, simple mais efficace. On pense parfois aux Filmworks de Zorn, en moins léché. Toychestra n’est pas dans la bidouille tâtonnante : les jouets sont ici de vrais instruments, évitant l’écueil d’être, justement, une musique à jouets. Les morceaux se construisent en progression linéaire, les boucles sonores interviennent les unes derrière les autres, chacune intégrant, souvent, un nouvel instrument. Et Frith à la guitare électrique préparée balance l’ensemble vers le rock. Fantaisiste parfois, l’utilisation des jouets impose une esthétique érodée et granuleuse, qui offre du relief à une composition trop sobre par moments (notamment The Dub, qui ouvre le jeu). On n’échappe pas aux attendus clins d’œil humoristiques avec des bruits cartoonesques et les voix robotiques des machines d’enfants, mais il restent assez rares pour uniquement rappeler la nature des outils d’interprétation. C’est la dernière proposition de ce trop court album de 25 minutes, qui découvre enfin le talent vocal des filles de Toychestra, dégageant dans un chœur poétique, la force et la clarté des voix féminines. La rencontre de ces deux univers, très bien équilibrée, crée une ambiance tonique et envoûtante, teintée en filigrane d’un spleen amer.

Léa Lescure
le 11/05/2005

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