(Lejos Discos / Import)
28/03/2005
Rock

Ambient / Arbol / Lejos Discos / Pop / Post-Rock
Deux ans et demi après un premier album dont on ne se lasse pas et vers lequel on revient souvent, Miguel Marin revient, sur le label espagnol Lejos Discos cette fois-ci, avec un second long-format : Dreams Made of Paper. Avant même d’entendre la moindre note, on est déjà subjugué par le packaging : un carton carré qui, en s’ouvrant, fait apparaître, en son sein, un pliage digne des cocottes d’enfants tenant le disque.
Musicalement, on se situe globalement dans la lignée du premier album : titres embrumés où des textures grésillantes s’apparentent à des gouttelettes de pluie (Bright Day), instrumentation ultra-délicate, rythmique dépouillée à l’extrême, mélancolie prégnante tout au long du disque, présence de Suzy Mangion sur trois morceaux. Même si on est, par conséquent, pas aussi captivé qu’à l’automne 2002, connaissant déjà l’univers d’Arbol, la magie opère et on se retrouve bien vite séduit à nouveau, plongeant avec délice dans ces volutes musicales où percent samples de cordes (Reborn) et voix féminines (outre celle de Suzy Mangion, Eugenie Garrett intervient sur un morceau).
Sur cet album, le musicien espagnol semble davantage axer son travail sur des sonorités synthétiques, les instruments « réels » nous paraissant intervenir moins souvent que sur le premier album (tout juste distingue-t-on un glockenspiel ici, un piano ou une clarinette là). Néanmoins, Miguel Marin parvient tout de même à tirer le meilleur de ces éléments électroniques, réussissant brillamment à allier sensibilité personnelle accrue et finesse de la précision analogique (comme dans le ouaté November, sublime pièce aux émouvants cliquetis). En outre, si, par moments, les pulsations se font plus présentes pour nous offrir un titre aux consonances micro-dub (Noga) ou un morceau aux ambiances plus anxiogènes (Lost Angel), c’est évidemment la retenue dans l’expression qui prime dans la musique de l’ancien Piano Magic.
Formant un parfait diptyque avec le premier long-format d’Arbol, Dreams made of Paper relève le défi du fameux second album et ne fait donc que conforter la place privilégiée qu’avait su occuper Miguel Marin depuis la révélation d’il y a deux ans et demi. Reste maintenant à espérer pouvoir apprécier un jour l’Espagnol sur scène (à cet égard, on nous annonce deux types de prestation : en solo au laptop et en groupe avec 3 autres musiciens).
le 11/05/2005