(Monopsone)
00/03/2005
Electronique

Electronica / Monopsone / Sofus Forsberg / Supercilious / Velma
Après l’album dont on parlait il y a quelques mois, voici les remixes qui sortent de belle manière, sous forme de deux CDR 3" avec pour chacun trois remixes et un inédit de Supercilious. On avait adoré l’album, il est ici bien souvent transcendé par les remixeurs, sans parler des deux inédits qui sont sûrement ce que Supercilious a fait de mieux jusque là. Pour ceux qui ne sont pas déjà partis les acheter, voici quelques explications.
On débute donc par un inédit. Supercilious fait preuve d’une maîtrise fulgurante du son qu’il produit, des tensions qu’il crée, il joue avec nos émotions. Sombre avec sa basse grésillante et menaçante, montée de nappes façon musique de film, rythmique cliquetante d’une finesse éblouissante, et décollage en deux temps pour arriver à une rythmique dure, parfaitement efficace où se perdent cassures, crissements numériques, sifflements aigus et voix à la fois scandées et noyées dans ce déluge sonore. En guise d’apaisement, un joli final electronica-pop avec cette douce voix féminine qui hantait déjà Next Time We Go Sublime.
Difficile d’enchaîner après ça. Le remix d’Objectil (membre de Near Death Experience) peine d’ailleurs à convaincre, trop centré sur une guitare qui tourne en boucle. Velma s’en sort pas mal, par une sorte de pirouette : nappes de basses ronronnantes sur laquelle le groupe suisse pose guitare acoustique et chant doux. C’est alors que les bruits électroniques apparaissent sur une lente montée quasi bruitiste. Pour finir, Sofus Forsberg (auteur d’un album sur le label danois Jenka) sort la carte du minimalisme avec brio : crépitements rythmiques, lents coups de basse, et la voix éthérée de la chanteuse avant qu’un orgue jazzy ne vienne accompagner l’ensemble.
Le deuxième mini-CD débute également par un inédit de Supercilious. On ne va pas s’étendre sur le sujet, c’est tout aussi bon que le précédent, le jeune tourangeau parvenant avec une facilité déconcertante à produire une musique cassante, fracturée mais douce.
C’est également dommage pour le suivant, soit Yorgl qui produit une electronica mélodique, douce, une sorte de version apaisée du morceau précédent et une jolie rythmique qui semble produite par des sons concrets retravaillés. On trouve ensuite celui qui accompagne Supercilious sur scène, sous le nom de Alban Punition avec un travail original et dérangé : un remix flottant, une composition abstraite faite d’éléments concrets, intro ambient, lente construction de la rythmique, montée de basses feutrées, cassures faites de crissements, effets de syncope, une voix, puis dans un deuxième temps un style plus carré, mais toujours marqué par des changements intempestifs, surprenants, avec une electronica plus dure, un sample drum’n bass et une fin carrément breakcore assez jouissive. Une belle façon de nous emmener vers le remix de Stupid Dog, basses omniprésentes et rythmique dure, brute, tendance breakcore haché et retenu auquel on n’accrochera pas.
Indispensable pour ceux qui possèdent l’album, une nouvelle chance de découvrir Supercilious pour ceux qui seraient passés à côté. De plus, d’autres remixes sont disponibles sur le site du label avec notamment Laudanum, Stuntman5 et Schengen.
le 22/05/2005