(Expanding Records / Import)
23/05/2005
Electronique

Un peu moins de trois ans après le formidable Meme Tunes qui avait permis à un plus large public de découvrir Benge, Ben Edwards revient avec I Am 9, neuvième long-format, encore une fois sur Expanding. Alors qu’il était légitimement envisageable que l’Anglais ait mis à profit cette trentaine de mois pour explorer de nouveaux pans musicaux, ce nouvel album reste, au contraire, dans la droite ligne de son prédécesseur, nous proposant une electronica mélodique chaleureuse, aux contours peu violents et aux atmosphères accueillantes.
Mélodies claires associant sonorités métalliques et textures plus réconfortantes, rythmiques non brutales, atmosphère plutôt mélancolique, intervention parcimonieuse d’un glockenspiel et plages de synthé enveloppantes : les éléments caractéristiques (caricaturaux ?) sont, on le voit, bien présents. Par conséquent, il ne va pas être évident de ne pas traiter I Am 9 avec une certaine condescendance, de ne pas y voir là qu’un ersatz des disques précédents de Benge, voire d’une partie de la production electronica actuelle (et, tout particulièrement, de la majeure partie du catalogue Expanding).
Dès lors, tentant de se refuser à une telle éventualité, on va plutôt entreprendre de rechercher tous les éléments un peu “différents” que le britannique a pu disposer tout au long de son album. À ce titre, on relèvera la rythmique plus acérée de Panhard, les scratchs et grésillements tranchants de Zeta ou l’atmosphère empreinte d’une certaine urbanité d’Abarth-simca et Scimitar. Mais il faut bien avouer que, rapidement, notre quête achoppera sur le classicisme (avec toute l’ambivalence que charrie ce terme) des compositions de Ben Edwards (qu’on ne peut, au reste, taxer d’opportunisme ou de copiste, étant présent depuis plusieurs années sur la scène electronica). Toutefois ce dernier s’avère pleinement capable de nous offrir, en toute fin de disque, un très bon titre où se marient admirablement mélodie cristalline au glockenspiel, lointaine guitare délicatement distordue et savoureuses rythmiques synthétiques (Jensen).
Si on peut donner l’impression de faire quelque peu la fine bouche ici, c’est en raison de notre attachement à Benge : il nous est, en effet, difficile de considérer I Am 9 comme véritablement probant alors qu’au mieux, ce disque voit l’Anglais stagner par rapport à Meme Tunes. Cela dit, pour qui écoutera “vierge” ce nouvel album, il constituera une petite heure fort agréable ; les habitués de l’electronica ne le dédaigneront pas mais en ressortiront probablement avec cette légère déception qui nous traverse passés les neuf morceaux du disque (exception faite, une fois encore, de l’admirable morceau final).
le 24/05/2005