(X-Tract / Metamkine)
18/07/2005
Electronique

Axel Dörner / Expérimental / Franz Hautzinger / X-Tract / Zeitkratzer
Zeitkratzer est une formation à dominante allemande, un véritable collectif dans lequel on trouve entre autre Franz Hautzinger et Marc Weiser (Rechenzentrum), avec en plus ici Axel Dörner sur le dernier morceau. La formation à géométrie variable se forme au gré des besoins, et se trouve ici dans une version 100% acoustique (sans Marc Weiser donc), afin d’interpréter des oeuvres de compositeurs électroniques.
L’occasion de découvrir Zeitkratzer dans un travail un peu particulier alors qu’ils ont collaboré avec, ou interprété des pièces de John Cage, Lee Ranaldo, Philip Glass, Lou Reed ou encore Merzbow.
Le panel instrumental de Zeitkratzer va du piano à la contrebasse en passant par tous les cuivres, piano, cordes et des percussions globalement très discrètes. Ils oeuvrent dans un registre impro-jazz qui se trouve normalement ici bien délimité étant donné qu’il s’agit d’interpréter des oeuvres écrites. Cela dit, à l’écoute d’electroniX, on se demande bien ce qui a été écrit, tant on a l’impression d’écouter des extraits de concerts d’impro. En clair, même si les oeuvres ont été écrites par des musiciens issus de la scène électronique, cet album s’adresse avant tout aux amateurs de musiques improvisées.
La première oeuvre est d’ailleurs une pièce de Bernhard Günter. Autant dire que l’on n’a pas ici une grosse surprise, le travail minimaliste et électro-acoustique de l’Allemand n’étant pas si éloigné de l’esprit du collectif. Cette première pièce qui est aussi la plus longue (près de 20 minutes) empile ronronnements, gargouillis, craquements, sifflements de cuivres et drones de cordes, timides notes de piano, pour une longue pièce ambient dérangée évoluant petit à petit vers une certaine tension, avec des sonorités plus agressives (chuintements sifflants, grincements de cymbales).
L’expérimentateur Terre Thaemlitz est à l’origine de la deuxième pièce. La rencontre est un peu plus surprenante, mais le travail exigeant et hors des sentiers battus de l’américain rentre tout à fait dans ce genre de recherche. On obtient là une belle pièce alternant, à la manière d’une lente respiration, longues notes de cuivres hésitants et frétillements que l’on croirait issus d’une machine. Là aussi, la tension monte lentement jusqu’à ce qu’inspiration et expiration s’emmêlent et que les sons se rencontrent.
Was Noch Was sort un peu du lot, puisqu’il s’agit d’une version live d’une pièce de Burkhard Schlothauer (violoniste membre de Zeitkratzer), intitulée 55 Similar Sounds and 2 Drummers Drumming, qui a été confiée et retravaillée par Manfred Klauss. On retrouve une alternance, plus franche cette fois, de petits sifflements, grésillements, mi-acoustique, mi-électronique, avec de brusques élans de cuivres faisant penser à une sirène de bateau.
On attendait beaucoup du morceau composé par Column One, et il est vrai qu’il sort nettement du lot, ne proposant pendant un petit quart d’heure, que des sonorités limpides, drones claires et sifflements superposé en strates épurés.
Pour conclure, une improvisation-rencontre entre Zeitkratzer et le saxophoniste Dror Feiler. On revient en terrain "classique", avec une pièce laissant à chacun le droit de s’exprimer, toujours en douceur avec souffles, chuintement et quelques percussions imprévisibles.
electroniX n’est donc pas un disque de musique électronique, mais propose une grosse heure de ce qui, au final, s’apparente à un free-jazz ambient. A réserver aux amateurs du genre.
le 24/08/2005