KSCHZT

The Earth’s Hum

(Blasé / La Baleine)

 date de sortie

19/09/2005

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Blasé / Electronica / KSCHZT

 liens

KSCHZT
Blasé

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Certains ici connaissent peut-être déjà Jaakko Manninen qui a débuté sous le nom de MD, produisant ainsi deux albums chez Merck. Il continue donc sur le label anglais Blasé, délivrant ici son premier véritable album après le mini-album Kihelmä.

KSCHZT fait de l’electronica, et il la fait bien. Il ne s’attarde pas non plus à enrober son travail puisque ses morceaux sont généralement courts, directs, et il nous en offre ici une douzaine en 40 minutes. On commence avec une rythmique frétillante sur gargouillis électroniques et des nappes ambient sur 17 June 2003. Cela paraît tout simple, mais c’est magnifique, à la fois planant et sautillant. Il s’agit d’ailleurs d’une caractéristique de cet artiste très porté sur des rythmiques rapides mais fines, comme de rapides coups de balais sur une batterie, donnant l’impression d’une course effrénée (en particulier sur Konsteilla).
Sur Reverse Polarity, c’est le dub qui est revisité, que se soit dans les sonorités et effets utilisés, que dans le traitement de la voix (également sur Paiste Ylos) qui nous fait penser aux premiers travaux de The Orb. Autre surprise, un titre comme Varkain, très direct, avec ses basses profondes et ses sonorités synthétiques particulièrement franches nous replonge dans les années 80, un peu à la manière de DMX Krew, et c’est tout aussi efficace.

Mais mis à part ces quelques particularités, KSCHZT produit une electronica plutôt fine, faite de limpides mélodies ambient et de rythmiques un peu folles. Le trop court 160503 est un petit bijou ambient qui ne fait malheureusement que figure d’interlude, Horse and Spline, tout aussi aérien vous enveloppe de sa douceur, y compris lorsque les éléments rythmiques se densifient, et les quelques notes de Konsteilla sont comme des éclats de lumière. On nous garde le meilleur pour la fin avec 6 February 2004 aux mélodies métalliques avec une rythmique étonnamment posée, l’énergique July Simultaneously à la rythmique soutenue sur une mélodie aux sonorités électro tournoyantes, et enfin Hands of Cotton et sa mélodie de boite à musique aux sonorités cristallines, ses fins cliquetis rythmiques qui s’intensifient petit à petit. Poétique et onirique.

Pour situer cet album et pour résumer, on dira que KSCHZT produit ici qui album que l’on pourrait trouver chez Skam. Cela dit sa musique est plus mélodique que ce que produit généralement ce label, mais elle est aussi plus complexe que ce que l’on trouve chez Expanding. Si KSCHZT ne révolutionne pas l’electronica, il a au moins le mérite d’aborder le genre d’une façon tout à fait personnelle, ce qui permet d’obtenir un album qui ne donne pas cette impression de déjà entendu que l’on a souvent et qui devrait donc satisfaire les amateurs du genre qui chercheraient quelque chose de différent.

Fabrice ALLARD
le 05/02/2006