Courtis_Matsunaga

S/t

(Prele)

 date de sortie

00/10/2005

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Anla Courtis / Expérimental / Kouhei Matsunaga / Prele

 liens

Anla Courtis
Kouhei Matsunaga
Prele

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Voici le premier album du label japonais Prele, soutenu en France par Kokeko qui organisait notamment une soirée aux Voûtes en novembre dernier pour le lancement de ce disque. Courtis_Matsunaga n’est pas un nouveau groupe culte, ni un artiste qui aurait trouvé le magnifique concept de l’underscore entre son prénom et son nom.
Il s’agit de deux hommes. L’argentin Anla Courtis (également connu en tant que Alan Courtis !!), né à Buenos Aires, guitariste, 34 ans et déjà plus de 100 disques derrière lui avec son groupe Reynols. En solo, de nombreuses collaborations avec les plus grands, comme Lee Ranaldo, Francisco Lopez, Jazzkammer, Ilios, Zbigniew Karkowsky, Alan Licht, ou Andrey Kirtichenko pour n’en citer que quelques uns. Le japonais Kouhei Matsunaga quant à lui est encore étudiant (en architecture) et sévit au sein de la scène noise, partageant tour à tour l’affiche avec Karkowski et Merzbow.

L’album se partage entre split et collaborations. On trouve des morceaux composés par l’Argentin, le Japonais, des remixes croisés, et des collaborations. On est d’abord subjugué par le premier titre, Amnesia of Amnesia d’Anla Courtis. D’une incroyable finesse, mêlant et enchaînant infra-basses, drones, et nappe mélodique glacée en fin de parcours, cette première pièce d’une dizaine de minutes est un petit bijou d’ambient minimale. broken I also r composée par Kouhei Matsunaga est plus représentatif de l’album, en posant sur un drone divers bruitages, souffles, grincements métalliques. Prenant le temps de se poser tout en développant des structures bruitistes, il compose une musique ambient concrète avec des composantes industrielles.
Avec les remixes, les pistes se brouillent. Par trois fois, Courtis remixe Matsunaga et le résultat va de l’ambient à base de souffles et d’un mélange de drones profonds et nappes glacées jusqu’à l’abstraction ludique composée de bruits de machines et jeux vidéo. Quand c’est à Matsunaga de reprendre le travail de Courtis, il s’adapte au jeu sur les ondulations de drone en y ajoutant quelques frétillements métalliques pour froisser l’oreille.
Les trois derniers titres sont de "véritables" collaborations. Véritables entre guillemets car la première est un peu particulière. Qualifiée de collaboration télépathique, on imagine les deux artistes séparés par quelques milliers de kilomètres composer simultanément, collant bruits concrets sur drones, produisant de belles cassures, se renouvelant sans cesse sur une pièce d’une quinzaine de minutes. Les deux univers se marient parfaitement, lorgnant même un peu sur l’impro et le jazz avant de s’achever en pied de nez sur une texture bruitiste marquée d’une boite à rythme efficace.

Quand la musique expérimentale sait se faire plaisante, quand le bruit se mêle à la douceur, c’est dans cette fusion que ce premier album se révèle en fin de compte envoûtant.

Fabrice ALLARD
le 02/04/2006

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