Plateformes

S/t

((1.8)sec.records / Import)

 date de sortie

15/03/2006

 genre

Electronique

 style

Ambient / Improvisation / Minimal

 appréciation

 tags

(1.8)sec.records / Ambient / Hervé Boghossian / Improvisation / Matthieu Saladin / Minimal / Plateformes / Stéphane Rives

 liens

Stéphane Rives
(1.8)sec.records

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Alors que Plateformes est avant tout une formation de scène, c’est sur disque que l’on découvre le trio d’improvisateurs, avec ici l’enregistrement d’un concert à l’Espace Jemmapes en juin 2005. Au sein de Plateformes, on retrouve des noms connus, régulièrement croisés sur ces pages et sur scène, puisqu’il s’agit de Hervé Boghossian, Matthieu Saladin et Stéphane Rives. On trouve ce disque sur (1.8)sec.records, un label canadien que l’on découvre pour cette occasion, fondé par Chris Bryan et dédié aux expérimentations minimalistes.

L’objet est superbe, simple carton glacé plié en deux, une photo signée Taylor Deupree, et le CD glissé à l’intérieur. On parlait de minimalisme, la pochette ne trompe pas, et cette rigueur est de mise également dans la musique du trio. On débute par un sifflement aigu mais varié, qui subit parfois quelques ruptures, et l’ensemble forme une sorte de mélodie, insaisissable, étonnante. La musique composée de façon hors norme, est parfois difficile à saisir : ce sifflement est-il produit par le saxophone ? La clarinette ? S’agit-il d’un larsen ou encore d’un mélange de tout cela ?
Si rigueur il y a, ce n’est pas au dépend de la beauté. Beauté du son dans son épure, beauté des enchaînements quand un drone grave prend le relais sur le sifflement, mêlé à une tonalité linéaire. Les sons s’enchaînent, se superposent en strates qui évoluent lentement, apparaissent et disparaissent de la même manière. Si l’esprit y est, on est quand même loin de l’album rvb d’Hervé Boghossian dont le minimalisme pouvait rebuter. Ici les instruments finissent par se dévoiler, et on entend vraiment le saxophone ou la clarinette qui viennent poser une couche supplémentaire, joignant l’acoustique à l’électronique (ou à l’électrique devrait-on dire peut-être) sans en dénaturer le sens. Ces apparitions se font aussi rassurantes, alors que l’on pourrait voir dans ce disque qu’une succession de drones et notes interminables. Au contraire, on se prend même à suivre les ondulations des signaux sonores, on les suit en se demandant si l’un ou l’autre ne va pas se rompre, se casser, alors qu’il semble en équilibre sur une corde raide.

Mis à part quelques couinements de cuivres qui apparaissent au bout d’une trentaine de minute et dénotant un peu sur l’ensemble de la prestation, on tient là un excellent disque d’improvisation minimaliste tendance ambient. Conseillé aux amateurs d’un label comme Line (division expérimentale de 12k).

Fabrice ALLARD
le 01/05/2006

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