(City Centre Offices / La Baleine)
12/06/2006
Electronique

Un peu plus d’un an après son premier véritable album, Marsen Jules revient avec un nouveau long-format, toujours sur City Centre Offices. Les ambiances automnales de Herbstlaub ont ici laissé la place à des atmosphères plus « printanières ».
En effet, l’accent n’est plus mis sur un drone composite, fait de nappes en flux et reflux, enveloppant l’auditeur et l’emmenant dans des divagations lointaines. Dans Les Fleurs, les instruments réels ont repris le dessus : la harpe joue plus souvent, la guitare se fait plus distincte, un vibraphone intervient par fragments. Par conséquent, ce sont des égrenés traités qui sont mis au premier plan apportant une consonance légèrement bucolique, dépourvus du soutien dense que constituaient les nappes du précédent disque.
Parfois convaincant (Datura, Anémone), cet agencement pèche souvent par sa « pauvreté » car, à vouloir ôter tout arrière-plan, on expose davantage les sonorités et risque de mettre en lumière leur dénuement trop poussé et le caractère trop répétitif des séquences mélodiques (Œillet Sauvage, La Digitale Pourpre, Coquelicot, Œillet en Delta). En revanche, quand le musicien allemand fait intervenir des cordes samplées (Cœur Saignant), que la harpe de Meike Rath se marie idéalement aux atmosphères pastorales mises en place au moyen d’éléments plus synthétiques (Gueule de Loup), l’ensemble se fait encore plus probant à mesure que l’espace sonore se remplit et que les strates se superposent.
Disque tout à fait honnête, suffisamment long (huit titres et plus de cinquante minutes) pour être pleinement appréciable, Les Fleurs reste quand même une petite déception dans la mesure où on attendait un peu plus de Marsen Jules après son bon premier album.
le 17/06/2006