(Hobby Industries / La Baleine)
05/06/2006
Electronique

Pour son premier album sous l’alias Spinform (on le connaît aussi pour des travaux sous le nom Unai), Erik Møller a été logiquement signé sur Hobby Industries, le label de Thomas Knak qui avait déjà sorti son premier 12" il y a trois ans.
Proposant une electronica dans laquelle une guitare traitée ou un piano parfois tremblotant servent de support, le Suédois trouve parfaitement sa place sur la structure danoise. En effet, les séquences synthétiques ajoutées (rythmiques hésitantes, filtres divers, grésillements malhabiles, tintements délicats) comme les autres instruments utilisés (mélodica) participent de la fragilité de l’ensemble et se situent bien dans la lignée de cette electronica que l’on qualifiera, pour faire simple, de « nordique ».
Pour autant, la réussite d’un tel album tient au fait qu’Erik Møller ne se repose pas sur cette formule et refuse de ne jurer que par le « tout-lo-fi » ; ainsi, n’hésite-t-il pas à mettre en place des ambiances plus cliniques ou plus torturées (Yppersta Utposten) ou à utiliser des sonorités plus travaillées (à la fin de Det Fanns En Tid par exemple). Parvenant également à proposer des mélodies tout à fait probantes (les lignes de guitare gentiment émouvantes de Hjertats Mysterion), Spinform emprunte par conséquent autant à l’electronica traditionnelle qu’à la vague néo-classique (quant au traitement des sons ou aux ambiances sombres) et signe donc un album réellement probant, nouveau témoignage de la rigueur d’Hobby Industries, label aux sorties rares mais rarement décevantes.
le 17/06/2006