(Acuarela / Differ-ant)
06/06/2006
Rock

Acuarela / Ambient / Manyfingers / Pop / Post-Rock
Initialement sorti en CD-R au premier trimestre 2005 sur le propre label de Chris Cole, Sharbon Records, Our Worn Shadow, second album de Manyfingers connaît à présent une sortie plus conséquente avec sa réédition sur Acuarela. Augmenté d’un morceau et accompagné d’un DVD (extraits de concert, court-métrage avec la musique de l’Anglais comme soutien), ce disque fait suite au très bon mini-album de Manyfingers, sorti il y a deux ans sur Moteer.
Reproduisant parfaitement les ambiances mises en place en concert (régulièrement vu ces trois dernières années, le Bristolien y fait à chaque fois merveille), Our Worn Shadow superpose en effet les différentes boucles instrumentales : piano, guitare, violoncelle, cuivres, accordéon, mélodica. Vite entêtantes, les petites structures mélodiques s’insèrent en nous irrémédiablement pendant que Chris Cole empile au-dessus diverses rythmiques, parfois issues d’un instrument (batterie, percussions), parfois créées de toutes pièces (en tapant sur sa guitare ou sur une caisse en bois). Recourant par endroits, à rebours du premier disque, au chant féminin, Manyfingers parvient néanmoins à ne pas écraser le reste de l’instrumentation sous cet apport, la voix d’Ida Alfstad n’intervenant que comme une piste musicale supplémentaire.
Toujours aussi mélancolique, la musique de Chris Cole a donc gagné en densité et en richesse, lorgnant parfois même vers le post-rock (le dernier tiers de 3 Forms, sa batterie lyrique et ses cuivres superposés) ou prenant des atours plus emphatiques (le morceau-titre et A Remark et leur confrontation batterie-trompette). Cependant, l’humanité certaine qui se dégageait du premier disque comme des concerts reste bien présente sur ce nouvel album, émergeant en permanence d’instruments joués avec une véritable délicatesse (voir l’épuré No Opera). Alors certes Our Worn Shadow n’apporte pas beaucoup de surprises pour qui est familier des prestations scéniques de Manyfingers et/ou du premier mini-album, mais ne gâchons pas notre plaisir, il sera toujours temps, quand viendra le troisième disque, de reprocher à Chris Cole un manque d’évolution.
le 23/07/2006