(Morr Music / La Baleine)
13/06/2006
Electronique

Deux ans après le très convaincant Meet Next Life, un de leurs meilleurs disques, c’est naturellement sur Morr Music qu’on retrouve Isan pour Plans Drawn in Pencil. Alors qu’on pensait le duo anglais bien familier des amateurs de musique électronique, quelle ne fut pas notre surprise en découvrant la pochette affublée d’un sticker « une découverte Trax » : on pensait le magazine mensuel capable de davantage de discernement à l’égard d’une formation existant depuis près de dix ans, qui en est à son cinquième véritable album et qui a remixé Depeche Mode.
Pourtant, ici, la découverte n’est pas vraiment ce qui prévaut : l’electronica mélodique proposée est ce qu’il y a de plus classique (mélodies caressantes, rythmiques douces, ambiances apaisées), ce qui n’est nullement illégitime de la part d’un des pionniers du genre. C’est donc avec un certain délice qu’on se plonge dans ces volutes musicales pour lesquelles Antony Ryan et Robin Saville n’ont pas leur pareil, capables de jouer sur la tessiture de leurs notes pour qu’elles paraissent comme déposées (Look and Yes, Corundum), d’ajouter une rythmique aux contours aquatiques (Yttrium), de proposer des mélodies proches d’un imaginaire enfantin (Five to Four, Ten to Eleven) ou de saturer légèrement leurs nappes sur la fin d’un titre (Working in Dust).
A l’image de l’album précédent, les mélodies témoignent la plupart du temps d’une forme de mélancolie plus développée que dans les autres disques d’Isan (Ship, Seven Mile Marker), dimension encore plus prégnante dans les morceaux arythmiques, où les notes voient leur caractère aérien renforcé (Immoral Architecture), ou bien dans les titres où ce sont les nappes qui occupent la majeure partie de l’espace sonore (Stickland). Poursuivant donc sur cette tonalité moins ensoleillée entamée avec Meet Next Life, Isan signe là un nouveau disque extrêmement probant, jalon supplémentaire d’une discographie rarement décevante.
le 06/08/2006