(Bloated Sasquatch Beer Theatre Audio / Import)
08/08/2006
Electronique

Label danois au nom sympathique, Bloated Sasquatch Beer Theatre Audio nous était inconnu jusqu’à ce qu’il sorte un split CD présentant quatre artistes pour une vingtaine de minutes chacun : Yellow6, habitué de ces pages, Absent Without Leave, qu’on avait découvert en mars lors de sa participation à la series52 d’Unlabel, et deux autres musiciens qu’on découvre pour l’occasion.
Précisément, c’est un de ces deux derniers qui ouvre le disque : Lope, projet de Victor Kvarnhall. Proposant un post-rock alangui où les guitares se font lentes et rêveuses et dans lequel les rythmiques sont synthétiques et réduites à une simple pulsation, le Suédois peut également utiliser un piano comme base mélodique ou intégrer quelques petites triturations électroniques. Moins intéressant quand il se sert d’un mélodica (le début d’A Thousand Leaves), Lope se révèle toutefois être un artiste très convaincant dont on suivra dorénavant les sorties.
Celles de Yellow6 font depuis longtemps déjà le sujet d’une attention toute particulière (récemment encore, ces pages évoquaient sa triple compilation-rétrospective), c’est donc avec intérêt qu’on retrouve ici Jon Attwood ; intérêt raffermi par le fait que l’Anglais explore différents univers sur ses trois morceaux. Après un (I Wish I Could) Start Over assez classique avec guitares cotonneuses et atmosphère lascive, les six-cordes se saturent, un piano et une batterie interviennent dans un Start Over Again très post-rock. Enfin, I Know I Shouldn’t But I Do met aux prises une guitare au son lourd, égrenant quelques rares notes dans une ambiance plutôt plombée.
Adepte, un peu comme Lope, d’un post-rock langoureux, à la frontière de l’ambient, Absent Without Leave. Ici, le propos du grec George Mastrokostas se fait plus synthétique avec rythmiques programmées et présence récurrente de sonorités électroniques. Moins marquants que sa participation à la series52 d’Unlabel, ces trois morceaux sont pourtant loin d’être désagréables, juste un peu décevants.
Déjà auteur notamment d’un split 7" avec Transbeauce sur Jonathon Whiskey (et, lui aussi, participant à la series52 d’Unlabel), le Canadien Kimonophonic offre une electronica à la fois guillerette (dans les mélodies proposées comme dans les instruments utilisés) et sombre (dans ses ambiances). Inégaux, ses morceaux peuvent se faire réussis (Lake-Head (Live) et Gameboy Cam Jam (Live) où les conversations de bar des gêneurs parviennent à s’intègrer sans mal à la musique) comme plus patauds (In the Presence of Everything et ses grésillements trop appuyés).
le 04/09/2006