(Temporary Residence Ltd / Import)
11/09/2006
Electronique

Ambient / Eluvium / Martin Eden / Matthew Cooper / Temporary Residence Ltd
Un an et demi après le somptueux Talk Amongst the Trees, Eluvium (qui a ralenti son rythme de production), nous livre, toujours sur Temporary Residence, un EP d’une vingtaine de minutes, joliment intitulé When I Live by the Garden and the Sea.
Le premier titre (I Will not Forget that I have Forgotten) s’inscrit dans la lignée du deuxième album de Matthew Cooper (An Accidental Memory In The Case Of Death), à savoir un néo-classique à base de profonds accords de piano. Fort heureusement, le musicien ne s’en tient pas là et ajoute une texture tremblotante, enveloppant le tout et conférant une densité certaine au morceau. Petite surprise dès le début de As I Drift Off puisqu’on retrouve, enchâssé dans des nappes de guitares cotonneuses à souhait, un sample d’une voix masculine semblant dire un discours de manière enflammée. N’étant présent que quelques secondes, celui-ci laisse ensuite pleinement la place aux variations sonores des guitares qui, jouant sur le traditionnel flux et reflux, peuvent offrir un titre, quoique ramassé (moins de quatre minutes), impressionnant par sa sombre luminosité.
Travail identique dans All the Sails pour une réussite encore plus éclatante, la superposition de nappes parvenant ici à se doter d’un lyrisme particulier, tout entier centré sur la légère saturation conférée aux six-cordes. Enfin, le morceau-titre qui clôt le maxi opère dans un registre moins touffu avec deux pistes seulement : la première avec une guitare en accords allant en crescendo et la seconde constituée par un trémolo de notes issues d’un vibraphone. Résultat, un morceau qui témoigne à la fois d’une gracile fragilité tout en disposant d’une base suffisamment solide pour avancer sans crainte ; en tout état de cause, la conclusion idéale d’un brillant EP.
le 14/09/2006