Holiday for Strings

CD

(Stilll / Differ-ant)

 date de sortie

00/05/2006

 genre

Rock

 style

Post-Rock

 appréciation

 tags

Holiday for Strings / Post-Rock / Stilll

 liens

Holiday for Strings
Stilll

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Il n’est pas trop tard pour donner un coup d’éclairage sur le label bruxellois Stilll, co-dirigé par Jérôme Deuson, aka aMute, auteur de deux somptueux albums chez Intr_version. Après la pénétrante compilation Stilllysm parue en janvier dernier, la petite structure met en avant le groupe suédois Holiday for Strings, dont ceci constitue la première sortie après déjà 6 ans d’existence sous divers line-ups.

L’album nage dans une sorte de fausse douceur laissant vite la place à des tonalités plus denses, faites d’arpèges réverbérés et d’une rythmique de type post-rock qui sera constamment présente, parfois avec un peu d’insistance ou de systématisme. Le côté "organique" de la chose ressort nettement : batterie, guitares et basse prennent le dessus, nous entraînant dès lors dans un univers incontestablement très balisé.

Mais Holiday for Strings parvient à faire montre d’une vraie personnalité et à concocter des pièces attachantes, enjouées, avec guitares claires et aiguës (Touch the Tiger, Jump on Foot) ou s’envolant dans un plaisant dialogue aérien (I Got Two Hands, déjà présent sur Stilllysm). On trouvera en contrepoint des morceaux plus amples et contemplatifs, qui recueilleront notre préférence : Brest à la guitare en picking acoustique et au chant au vocoder, ou le très beau Pain au chocolat, l’un des meilleurs morceaux du disque, dense et sombre, que l’on peut situer dans le sillage de Low ou d’un Tindersticks enroué après une nuit blanche.

On pourra en définitive situer la marque de fabrique de Holiday for Strings dans une utilisation diversifiée et somme toute assez personnelle des guitares, dont ils jouent de manière soignée et experte, tout en prenant soin de délivrer un son volontairement rauque, presque sale (peut-être un clin d’oeil à la vague lo-fi d’il y a bientôt 15 ans ?), à la fois chaud et inquiétant.

A ce titre, on mentionnera particulièrement la longue complainte Hotel, en vague récurrente assortie d’à-coups, de claquements, d’effets en glissando, qui est aussi le seul morceau chanté où la voix s’intègre harmonieusement à l’ensemble. Car en effet l’on retiendra un bémol en raison de la quasi-omniprésence d’un chant insuffisamment assuré et qui nous semble pour tout dire superflu, les textures profondes à dominance guitares/batterie suffisant amplement à l’installation du climat musical souhaité.

Gilles Genicot
le 01/01/2007

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