(Sending Orbs / Import)
08/01/2007
Electronique

Secede, c’est Lennard Van Der Last, Néerlandais de son état, comparse de Kettel et de notre nouveau label favori. Il y a déjà sorti, il y a un an et demi, le splendide album ambient Tryshasia et nous revient aujourd’hui avec ce que l’on pourrait qualifier de EP conceptuel, variations sur le même titre mais pas sur le même thème, si ses 50 minutes n’en faisaient pas un album à part entière. Sending Orbs confirme ici tant l’intégrité que l’éclectisme de ses choix, cet opus se distinguant non seulement du précédent de son auteur mais aussi des trois dernières sorties du label (parmi lesquelles on épinglera les impressionnants My Dogan de Kettel et Disfold de Blamstrain).
Lennard Van Der Last nous convie à le suivre dans un périple aquatico-exotique onctueux et plein de liant, les morceaux s’enchaînant sans discontinuité, les sons et les ambiances évoluant, progressant sans cesse. Ce soin apporté à la construction et aux transitions est un signe de maturité crétrice et l’une des marques de fabrique du disque. L’ample morceau éponyme d’ouverture évoque, avec la tonalité dub épurée qui le domine, la pierre d’angle que constitua, il y a 12 ans, le phénoménal Last train to Lhasa de Banco de Gaia. The Citadel clarifie le propos avec ses notes claires presque grinçantes, avant que The Marvel revienne nous emporter dans des contrées élégantes empreintes d’un doux parfum oriental et d’une énergie raffinée. Le propos se fait décidé, assertif. Léger mais emplissant l’espace. Pulsations discrètes, ritournelle contenant révérence à toute une scène passée mais ô combien marquante (Orbital, Eat Static, System 7, Drum Club...), intégrée avec intelligence au sein des colorations personnelles et actuelles de l’auteur.
On s’éloigne tant de l’ambient contemplative de Tryshasia que des fracassements roboratifs dont il nous gratifia en duo avec Kettel lors de la dernière Panoptica. Ce qui ne fait que confirmer la maîtrise et le talent d’un auteur avide de nous présenter ses diverses facettes. Evolution encore avec Entering Next et son motif tourbillonnant un peu vintage, puis avec le calme Last Hours, notes de piano, clochettes, voix lointaines et clapotis. Tout dans le même souffle, plongés dans une succession d’atmosphères diverses se répondant les unes aux autres, toujours avec la même dextérité marquante dans la confection des couches, des textures et des ambiances.
Sleeping world nous invite à un retour au dub lymphatique languissant, percé de micro-sons aigus et de ciselures métalliques, auxquelles font ensuite place de souples envolées aériennes. L’écueil de la longueur est en permanence évité grâce à la diversité d’inspiration, qu’une écoute attentive permet sans peine de déceler. Le disque se clôt avec une relecture ambient de son thème par le vétéran japonais Tetsu Inoue.
Album dense et raffiné, conjuguant influences révérentielles et maestria personnelle de son auteur, Vega Libre est une pierre d’angle de plus dans le magnifique jardin que Sending Orbs organise au fil de ses sorties, pour le plus grand plaisir de nos oreilles comblées.
le 16/01/2007