(Rune Grammofon / Differ-ant)
26/02/2007
Electronique

Pour son troisième album solo, toujours sur Rune Grammofon, Arve Henriksen s’est entouré de deux de ses complices au sein de Supersilent : Helge Sten (à la guitare) et Ståle Storløkken (aux claviers).
Particulièrement à l’aise dans l’expérimentation légère où son jeu aérien se marie à merveille aux samples divers mis en arrière-plan (Green Water), Arve Henriksen, et c’est une de ses principales forces, ne se limite nullement à des improvisations à la trompette. En effet, un titre comme Black Mountain ne contient quasiment aucune note de cuivre, laissant les claviers, la guitare et les machines opérer pour un résultat très sombre. Du reste, on remarque sur ce nouveau long-format une place plus importante prise par l’électronique, qu’il s’agisse de l’installation de textures (construites en partant de sons « capturés » çà et là par Henriksen depuis plusieurs années) ou de la présence de rythmiques synthétiques (au reste, on ne distingue plus, à la différence des disques précédents, de batterie « réelle » sur Strjon).
Par ailleurs, l’instrument de prédilection du Norvégien peut se faire plus caressant (Leaf and Rock, Wind and Bow) ou plus plaintif (In The Light). De même, sa trompette sait mettre en place un dialogue profond et tendu avec la guitare d’Helge Sten (Twin Lake) ou avec un arrière-plan constitué d’une nappe et d’un bourdon type « voix de gorge » qui fera place à un timbre plus présent plus on s’avancera dans le morceau (Glacier Descent). Habité et intense, Strjon apparaît donc comme le digne successeur de Chiaroscuro et souligne, s’il en était encore besoin, la place prépondérante d’Arve Henriksen dans la scène jazz expérimental contemporaine.
le 14/03/2007