Route du Rock Hiver 2007 : Max Richter / Shannon Wright / aMute / Belone Quartet

 date du concert

17/02/2007

 salle

Palais du Grand Large,
Saint-Malo

 tags

aMute / Belone Quartet / Festival Route du Rock Hiver 2007 / Max Richter / Palais du Grand Large / Shannon Wright

 liens

aMute
Palais du Grand Large
Festival Route du Rock Hiver 2007
Belone Quartet
Shannon Wright

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Cette Route du Rock hivernale nous permet de faire le tour de la ville, entre l’Omnibus et la Chapelle Saint-Sauveur en passant par le Palais du Grand Large déjà retenu depuis quelques années pour l’édition estival. C’est justement au Palais que nous devions passer l’après-midi, dans le grand auditorium, pour des conditions d’écoute et un confort optimal.

L’après-midi débute avec Belone Quartet dont nous avions écouté l’album quelques temps avant le festival. Notre impression était alors tout a fait positive, avec une pop intégrant des composantes post-rock, électroniques un peu, alternant ambiances lourdes et désenchantées et débordements d’énergie. Sur le fond, il s’agissait bien du même groupe aujourd’hui sur scène, mais on aura un peu de mal à les reconnaître. Un son sale, saturé, faisait ressortir toute l’énergie rock du groupe en occultant toute finesse. Voix noyées dans la masse, vocoder énervant, attitude "rentre dedans" d’autant plus mal placée qu’avec un public confortablement installé dans des fauteuils, ils étaient un peu seuls à se démener. Malheureusement pour eux les conditions d’écoute s’accordaient ici assez mal avec leur musique et leur manière d’aborder la présentation live de leur album.
Si leur manière de chanter ne change pas, l’instrumentation les oriente plus tard vers un rock électronique et binaire, avec l’aide de Julia Lanoë (Mansfield Tya) au chant ou spoken word métronomique plutôt séduisant. Un concert en demi teinte donc, mais plus pour raisons technique que strictement musicales. Ceux qui ont aimé le concert risqueront de trouver l’album un peu calme en comparaison...

On enchaîne avec aMute que l’on connaît bien maintenant pour l’avoir vu plusieurs fois en concert et pour avoir chroniqué son dernier album, The Sea Horse Limbo, sorti à l’automne. Malheureusement, une fois encore, le passage sur scène ne se fait pas sans dommages. De mémoire, on n’avait certainement jamais vu Jérôme Deuson chanter en concert, et force est de constater que ce n’est pas au point. Peut-être un peu tendu et stressé à jouer dans ce grand festival et dans cette salle au public studieux, ou peut-être aussi encore que ces chansons sont trop récentes et que la formule concert n’est pas encore rodée avec cette formation où un batteur et un bassiste accompagnaient le jeune belge.
D’autant plus dommage ces ratages vocaux qui font presque passer la musique de aMute pour de la pop alors que dans ses séquences instrumentales il fait preuve d’une rare finesse.

La star de l’après-midi, c’est Shannon Wright. Le genre de concert et d’artiste qui fait plaisir à voir quand on a tendance à se prendre la tête sur la construction d’une rythmique, ou la description d’une nappe synthétique ondulante. Ici, rien de tout ça. Shannon Wright c’est l’épure, un retour à l’essentiel, l’émotion avec une voix et une guitare.
Elle a beau se limiter à une guitare, l’américaine ne se contente pas de plaquer des accords. Son jeu est fin, subtil, il s’agit d’un véritable accompagnement de son propos, donnant le tempo, servant de ponctuation, de partenaire avec laquelle elle fait des duos, annonçant ou appuyant des cassures rythmiques, s’accordant à merveille avec la voix tantôt douce, tantôt éraillée de la chanteuse.
Régulièrement, Shannon Wright passe au piano et le ton change un peu. Moins rock, donc moins dur, sa façon de jouer nous rappelle qu’elle a collaboré avec Yann Tiersen et, même si ces chansons restent de très bonne qualité, on trouvera qu’elles perdent ici un peu de leur force.
Contrairement aux deux précédents concert, les conditions d’écoute sont ici parfaites. Le silence règne, le public est subjugué, l’artiste est véritablement habitée par sa musique, les applaudissements claquent. Énorme succès, amplement mérité.

Dernier concert, et pas des moindre, avec Max Richter dont nous n’avons toujours pas écouté le dernier album, mais dont nous étions suffisamment fan pour arriver ici en pleine confiance. Comme on pouvait s’y attendre, pas de gros changement. Le line up est apparemment le même, avec un ensemble de cordes, et Richter au piano et laptop diffusant enregistrements et bruitages électroniques.
On retrouve ce subtil mélange d’electronica-ambient et musique néo-classique aux ambiances cinématographiques glacées, quelques titres avec un orgue envoûtant, et des projections, travelling en noir et blanc. Globalement très bien, mais de mémoire, on préférera encore The Blue Notebook.

Fabrice ALLARD
le 10/06/2007

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