(Büro / La Baleine)
26/02/2007
Rock

Pour leur second album, les Allemands de Fonoda se retrouvent sur Büro, ce sous-label de City Centre Offices consacré aux musiques plus « organiques ». De fait, le post-rock chanté largement mélancolique du trio est tout à fait à sa place sur une structure qui, au fur et à mesure de ses sorties, se forge une identité réelle, en marge de sa maison-mère.
En réalité, c’est à mi-chemin entre post-rock et slowcore que se situe Fonoda : au premier, la formation germanique emprunte ce sens du lyrisme et cette capacité à alterner passages plus intenses et moments de répit ; du second, le groupe hérite cette aptitude à mettre en musique une tension rentrée, personnalisée par une guitare à la sonorité typique. Cela dit, bien connaître ses classiques de tel ou tel genre n’est pas tout, il s’agit de savoir correctement les exécuter tout en y insufflant une touche personnelle. C’est bien le cas tout au long d’Eventually dans lequel les Allemands s’illustrent dans des titres calmes (The New Red Pt. 1) comme dans des morceaux aux envolées caractéristiques (The New Red Pt. 2, Last Folder), voire dans des pistes où une rythmique électronique est incorporée (Stone Cold Seconds).
Soutenu par sa propre guitare et une section rythmique au diapason, Matthias Neuefeind chante donc dans cette tonalité fortement nostalgique mais n’hésite pas, dans Silence Means Disease, à crier tandis que les instruments se déchaînent pour une sorte de doom-sadcore très réussi, ou, dans Ambient Take No.1 [W.I.A.], à parler plus qu’à chanter afin de quasiment se muer en conteur. Il en résulte alors un album à la fois varié mais parcouru quand même par cette rage sourde qui semble à la fois miner peu à peu le groupe comme ne jamais le ronger tout à fait.
le 14/06/2007