Merry Go Round #3 : Bexar Bexar / Arnaud Michniak

 date du concert

28/06/2007

 salle

Triptyque,
Paris

 tags

À Moi / Bexar Bexar / Fugues / Triptyque

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Triptyque
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En sus du magazine Fugues et du festival Meeting People Is Easy, déjà évoqué dans ces pages, l’équipe de Fugues a choisi de réactiver le nom Merry Go Round (leur premier fanzine) pour une série de soirées programmées au Triptyque. Si on avait malheureusement manqué la première (où se produisaient Yellow6 et Rothko), on a pu apprécier, lors de la seconde, les talentueux Heligoland (l’un de ses formidables groupes de post-rock/slowcore australiens) et retrouver la pop de Tim Keegan et de The Sleeping Years.

Pour ce troisième rendez-vous, c’est Bexar Bexar qui officia en premier, dans la foulée de son second album (Tropism), paru l’an passé sur Western Vinyl et récemment sur Own Records pour l’Europe. Après avoir installé plusieurs séries de pédales ainsi qu’un clavier séquenceur à même le sol, le musicien états-unien s’empara de sa guitare afin de livrer une suite de morceaux composés de strates instrumentales successives. Pendant que les arpèges soyeux se superposaient, des crépitements et autres sons électroniques apparaissaient pour renforcer l’arrière-plan, tandis que des notes de clavier étaient tenues par la grâce de quelques providentiels bouts de sparadrap. Tandis que sur disque, Bexar Bexar opte pour des titres plus courts, presque des vignettes, avec une dimension mélodique plus affirmée, tablant principalement sur la guitare, sa prestation live misa tant sur celle-ci que sur les autres composants. Il en résulta un set d’une quarantaine de minutes pleinement convaincant, formé de morceaux suffisamment longs pour pleinement apprécier chaque élément constitutif sans pour autant verser dans un radotage répétitif.

Après un concert gentiment intéressant d’A Moi, nouveau projet des anciens Innocent X, place à celui qui avait drainé là une grande partie du public (ce fut, au reste, assez impressionnant de constater la quasi-ferveur d’une majorité de l’assistance de laquelle transpirait le sentiment de vivre un moment rare) : Arnaud Michniak. Depuis la fin de Diabologum, on avait pu suivre les travaux du Toulousain dans Programme ; ce soir, c’était un album solo que le musicien venait défendre. Appellations différentes mais projet fort semblable : musique très rock (deux guitares saturées comme seuls instruments), parlé-chanté et paroles vindicatives. Pour autant, alors qu’on affectionnait particulièrement les morceaux de Diabologum et qu’on a parfois trouvé Programme intéressant, l’ensemble ne prit pas cette fois-ci : la faute à ces lignes de guitares presqu’identiques d’un morceau à l’autre et au flow d’Arnaud Michniak, pas du tout calé avec le tempo et le placement des accords des six-cordes. Quelques titres surnagèrent toutefois, notamment ceux où une interaction fut installée entre les paroles et les projections diffusées sur le mur du fond de la scène : aboiements de chien intervenant pile entre deux phrases, extraits de dialogue filmé s’insérant au milieu du texte dit par Michniak, paroles renvoyant directement ou indirectement aux images, etc… Néanmoins, malgré ces rares points positifs, quand au bout d’une petite demi-heure, les deux musiciens quittèrent la scène, on ne sut pas s’il fallait vraiment s’en plaindre.

François Bousquet
le 30/06/2007

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