(Morr Music / La Baleine)
16/04/2007
Electronique

Electronica / Morr Music / Pop / Tarwater / To Rococo Rot
Au moment d’entrer dans ce sixième album de Tarwater (le second sur Morr Music, deux ans après The Needle was Travelling), on se dit qu’on attend plus grand chose des Allemands qui, malgré quelques disques audacieux, opèrent la plupart du temps dans une électro-pop chantée assez inoffensive.
Plusieurs pistes ici perpétuent cette “ tradition ” pas très heureuse avec notamment la présence d’un contre-chant limite pénible (World of Things to Touch, A Marriage in Belmont) ou des lignes mélodiques paresseuses. Précisément, ce serait le reproche majeur qu’on ferait au duo : une difficulté à offrir, pour ces passages chantés, des mélodies suffisamment convaincantes et un timbre suffisamment affirmé. Dès lors, un recours aussi fréquent au chant est rendu assez inopportun, voire illégitime. Un excellent exemple a contrario est apporté par Easy Sermon dans lequel la voix de Ronald Lippok se fait plus assurée et, qui plus est, servie par une instrumentation travaillée parvenant à un subtil point d’équilibre entre pop et électronique pour un résultat tout à fait convaincant.
À côté de ces morceaux chantés, le duo allemand nous propose des titres instrumentaux un peu plus “ aventureux ” comme Witch Park avec intégration de sonorités plus métalliques ou Roderick Usher qui accueille une profonde clarinette, dialoguant mélancoliquement avec la guitare. En revanche, on est guère emballé par l’inclinaison “ rock ” de Lower Manhatten Pantoum (solo de guitare, six-cordes saturées, vocalises des chœurs) ou celle, plus laid-back, d’Arkestra (lap-steel, sistre en trille, paroles gentillettes : “ And the Sun is coming up/And the Sun is going down/And the Sun is coming up/And it’s moving all around ”). Tout ceci constitue en définitive un album assez tiède, conclusion identique donc à celle à laquelle on parvenait au sortir de The Needle was Travelling ; Tarwater n’évoluerait-il donc plus ?
le 24/08/2007