(Leaf / PIAS)
21/05/2007
Rock

Colleen / Leaf / Néo-Classique
Après le long EP Colleen et les Boîtes à Musique paru en octobre dernier, Les Ondes Silencieuses, troisième album studio de la jeune Française prend également les atours d’un exercice de style. Les boîtes à musique ont ici laissé la place à des instruments classiques avec une apparition du baroque : viole de gambe et épinette étant à l’honneur sur quelques morceaux.
Lorsque ces deux instruments s’occupent des parties mélodiques, ils apportent une touche certes plus mystérieuse grâce à leur son un peu daté mais installent en même temps une distance peut-être un peu trop grande avec l’auditeur qui pourrait même se sentir légèrement exclu du rapport qu’entretient la musicienne avec ces instruments nouvellement utilisés (Le Labyrinthe). De la même manière, on n’est pas pleinement emballé par l’approche néo-classique très épurée du morceau-titre avec son violoncelle solo ou de Past the Long Black Land avec son duo violoncelle-guitare.
En revanche, quand une clarinette, là aussi employée pour la première fois, intervient, dialoguant avec une guitare acoustique, l’ensemble se fait plus convaincant car plus habité et plus accueillant (Sun Against My Eyes) à l’instar d’autres titres dans lesquels c’est la six-cordes qui est en première ligne (Blue Sands). Mais malheureusement, sur la longueur (et ceci bien que l’album ne fasse que quarante-trois minutes pour neuf titres), on peine à être à nouveau séduit par ces agencements qui, assez étonnamment quand on connaît le parcours de Cécile Schott jusqu’à présent, semblent plutôt désincarnés (à l’image de Sea of Tranquility, justement trop tranquille et lisse) et auxquels manquent cruellement les boucles et nappes des premiers enregistrements de la Parisienne.
Par conséquent, et s’il faut sans aucun doute saluer la forme de prise de risque que constitue Les Ondes Silencieuses, on sort de ce nouvel album avec la sensation d’un travail bien exécuté mais probablement trop écrit ; comme si, par peur de ne pas complètement maîtriser la pratique de ces nouveaux instruments, Colleen avait oublié d’insuffler âme et émotion à ses compositions.
le 26/08/2007