(Betulla Records)
30/11/2006
Electronique

Tout d’abord, ne pas se fier à la pochette du disque, un peu naïve, nous rappelant le label Skylab Operations, qui laisserait à penser que l’on a affaire à une electronica mélodico-enfantine alors qu’il n’en n’est rien. Le label, italien, ne laisse que peu d’indices. On pourra les confondre avec les écossais de Benbecula, ou encore les rapprocher de Rephlex, puisqu’ils se se partagent des artistes comme Mike Dred ou D’Arcangelo.
La surprise est alors d’autant plus grande lorsque l’on commence à écouter cet album. Flushing Device est en fait le projet d’un seul homme, Alessandro Massobrio, dont l’instrument de prédilection est la guitare, et le passe temps l’enregistrement de field recordings. La guitare, il faudra la chercher. Peut-être qu’il en reste des bribes, mais là n’est pas le propos. Alessandro travaille avant tout sur le traitement sonore, manipulant distorsion, reverb, delay pour constuire des paysages sonores époustouflants, longues plages ambient parsemées de glitchs, souffles et grésillements rendant accidentées des plaines désolées.
On passera rapidement sur Montemarino, ouverture en electronica cliquetante aux douces mélodies et bruits de pas sur feuilles d’automne pour véritablement s’attaquer à l’essence même de l’album et les nappes lancinantes de It’s a Narration About Some Hunks of Matter, oscillations, superpositions, lentes progressions, grésillements, voix d’enfants, objets que l’on déplace. Le terrain est toujours un peu accidenté, des cassures brutales permettent de passer d’une texture limpide à une autre plus granuleuse, comme l’enchaînement avec Beyond the Horizon que l’on comparera facilement à Fennesz, période Endless Summer. Nappes grésillantes, violence contenue, mélancolie extrême mais il ne s’agit que d’un interlude, 1’40 alors que la plupart des titres oscillent entre 7 et 8 minutes.
Event Horizon est avant tout un album ambient, et le calme qui domine l’album est à peine dérangé par une lente montée du volume, comme pour créer une certaine tension (Sensucht), ou par des voix d’enfants nous ramenant au monde réel (Clouds of Magellan). Petit à petit les notes refont leur apparition, des bleeps bouillonnants sur le final de Night Rotation, des tintements électroniques sur les explosions rythmiques (crépitements, claquements) de Solar Fields.
On est ici en terrain relativement connu, entre electronica et ambient lunaire, mais Event Horizon est particulièrement réussi de part la manière qu’a son auteur de combiner nappes et textures pour créer une densité sonore donnant une impression d’infini.
A écouter en boucle !!
le 27/08/2007