À cette période-ci, nous passons en géneral nos soirées à l’Étrange Festival. Pas cette année. La 15e édition n’a pas lieu en raison de problèmes de salle et de budget. Une piqure de rappel si besoin est : certains films ont toujours du mal à trouver un écran, et la pression
économique est plus souvent la cause que la rareté des copies.

Pour l’amateur des types de cinéma présentés à l’Étrange Festival, plusieurs programmes de substitution existent quand même. La Cinémathèque Française propose en ce moment une rétrospective des films de Yasuzo Masumura, qui conjugue radicalités esthétique et morale. Au-delà de chefs d’oeuvre comme La Bête Aveugle, ce sera l’occasion de découvrir ses premiers films et le style déjà marqué de celui qui avait appris son métier auprès de Mizoguchi mais aussi d’Antonioni.
En octobre, la Maison de la Culture du Japon à Paris prendra le relais avec un cycle de films produits par la Nikkatsu. Cette société a initié dans les années 60 aussi bien des films de la nouvelle vague japonaise (comme La Femme Insecte de Shohei Imamura) que des films érotiques, genre qu’elle exacerbera dans les années 70 avec le roman porno et des maîtres tels que Masaru Konuma.
Enfin, le festival du cinéma méditerranéen de Montpellier qui aura lieu du 26 octobre au 4 novembre consacrera une partie de sa programmation aux polars italiens des années 70. Produits dans le contexte de violence des années de plomb, ces films font la critique politique de la société italienne (entre un hold-up et une course-poursuite de voitures).

Bertrand Le Saux
le 02/09/2007