(Nexsound / Metamkine)
00/12/2006
Electronique

Charlemagne Palestine / Expérimental / Ignaz Schick / Improvisation / Keith Rowe / Nexsound / Perlonex
Première sortie chez Nexsound pour ce trio originaire d’Allemagne, qui jusque là sortait principalement ses disques sur leur propre label : Zarek. Formé fin 1998, Perlonex oeuvre dans un registre électro-acoustique improvisée, genre de musique dont on privilégie la découverte sur scène. C’est justement sur scène qu’a été enregistré ce double album, le 11 septembre 2004 pour fêter leur cinq ans d’activité. Pour l’occasion, deux invités de renom étaient de la partie puisque Keith Rowe et Charlemagne Palestine allaient jouer tour à tour aux côtés de Perlonex, produisant deux sets d’une quarantaine de minutes que l’on retrouve en intégralité sur ces deux CD.
On commence avec le CD1 et le concert de Perlonex et Keith Rowe. Ce dernier jouant déjà dans un registre assez proche de Perlonex, c’est vraiment un sentiment de fusion qui se dégage de ce set. Les trois membres de Perlonex se partagent platines, guitare électrique, percussions, objets et électronique. Quant à lui, Keith Rowe est à la guitare préparée et aux machines. Une formation tout à fait homogène dans le genre, où chacun apporte sa dose de drone, chuintements, textures granuleuses, percussions métalliques. Les sons semblent fusionner, on devine les structures récurrentes de Perlonex, et le tout suit une lente progression jusqu’à un quasi bruitisme, au profit d’une certaine tension.
Après un certain retour au calme, on aborde la deuxième partie du set ou l’impro est peu plus marquée. Les éléments sont plus distincts (aléas métalliques façon chaînes dans un saladier, bobine de film, glissement d’un archet sur des cymbales, nappe de basses), mais finissent toujours par se rejoindre, formant une masse sonore ondulante, une texture en mouvement, oscillant sur tout le spectre sonore.
CD2 ensuite, avec Charlemagne Palestine qui débute par un petit discours afin de souhaiter un joyeux anniversaire à Perlonex. Le set sera forcément assez différent, Charlemagne Palestine se produisant ici au piano et claviers. C’est avec des nappes d’orgue qu’il débute, tandis que le trio produit des crissements métalliques. On appréciera ici particulièrement la champ d’action de Charlemagne Palestine qui abandonnera ses orgues immobiles au profit d’un jeu de piano à la fois plus riche et plus free pour arriver à son habituel jeu répétitif. Pendant ce temps, le trio ukrainien durcit le ton : les percussions sourdes et lointaines prennent le dessus, les claquements métalliques se font plus fréquent, et une texture grésillante se fait agressive. Accélération du piano et, comme avec Keith Rowe, atteinte d’un paroxysme sonore où, si de part leur nature les sons fusionnent moins facilement, on sent bien que les artistes sont en parfaite harmonie.
On retrouve ici encore, dans la deuxième partie du set, une construction un peu plus aérée, où les sonorités sont plus facilement identifiables, distinctes, avec une alternance de calme et de fureur, et un ton un peu plus sombre qu’avec Keith Rowe.
Bien sûr, étant accompagné par Keith Rowe et Charlemagne Palestine, il ne s’agit certainement pas du meilleur album pour découvrir Perlonex. Néanmoins, Tensions (difficile de trouver un titre plus juste) s’avère être un excellent témoignage de ces concerts d’une part, et de la rencontre entre tous ces artistes. Par ailleurs, malgré le registre sonore abordé ici, ce double album se révèle être suffisamment abordable pour ne pas souffrir d’une écoute à domicile.
le 14/09/2007