(Resonant / Import)
02/07/2007
Rock

Près de trois ans après l’excellent Ventill / Poki et après un bon EP sur chat blanc, Stafrænn Hákon retrouve Resonant pour son cinquième long-format, le très attendu Gummi sur lequel le musicien islandais, outre son groupe habituel et Dialect (déjà actif sur le précédent album), se trouve accompagné de Birgir Hilmarsson (autre musicien islandais, actif lui aussi sur Resonant sous le nom de Blindfold).
D’entrée, on se replonge avec bonheur dans ce post-rock ample et contemplatif qu’affectionne Ólafur Josephsson (Járn). Mais plutôt que de s’arrêter à nouveau sur des caractéristiques déjà présentées à l’occasion des disques précédents (on retrouve ici les éléments traditionnels du genre, agrémentés de ces rythmiques électroniques produites par Dialect et venant se marier à merveille aux autres instruments ; seul Glussi, plus rock, fait exception à cette description), penchons nous donc sur le chant, l’innovation du présent album. Sur le papier, on pouvait craindre que ces interventions vocales ne ramènent le groupe vers des terres déjà bien arpentées, notamment par des formations islandaises ; et il est vrai que quelques titres succombent à cet écueil (P-rofi, Purr Purr et la voix fadasse de Daniel Lovegrove – Dialect -).
Mais, à chaque fois que Birgir Hilmarsson officie (sur la moitié des titres chantés), il parvient à proposer un chant plus affirmé, aux textes plutôt intelligibles, emmenant alors Stafrænn Hákon vers de nouveaux rivages, à la fois plus riches musicalement et plus accessibles par la grâce de ce chant (Svefn, Rjúpa, Kvef). Dans une tonalité un peu différente, le Néerlandais Minco Eggersman, avec un timbre grave, plus proche de celui d’un vieux bluesman, apporte une couleur autre pour un résultat tout aussi probant (Hausi).
Avec un album à la fois inscrit dans la continuité de sa discographie jusqu’à présent, ancré dans son label (via les participations de Dialect et de Birgir Hilmarsson), tout en renouvelant légèrement son propos, Stafrænn Hákon signe une nouvelle réussite, témoignage supplémentaire des qualités d’Ólafur Josephsson.
le 05/10/2007