(Komplott / Metamkine)
00/03/2007
Electronique

Ambient / Andreas Bertilsson / Electroacoustique / Expérimental / Komplott / Noise / Son of Clay
Andreas Bertilsson est un artiste que l’on suit déjà depuis un petit moment, jusqu’alors sous le pseudo de Son of Clay, mais depuis toujours sur le label suédois Komplott. A chacune de ses productions, l’impression de découvrir un nouvel artiste refait surface, avec à chaque fois ce mélange d’appréhension et plaisir, de peur d’être déçu en comparaison à ses productions antérieures et le plaisir de se laisser emporter dans son univers.
Paramount est en fait une pièce de 30 minutes, découpée en trois mouvements d’une dizaine de minutes. Les notes et mélodies ont été presque complètement abandonnées, laissant place à un assemblage complexe d’enregistrements d’ambiances, de traitements sonores et d’effets électroniques, au profit d’une musique réellement habitée.
Si depuis toujours, le Suédois intègre des field recordings, nous invitant dans son appartement sur son premier album (Face Takes Shape), c’est en pleine nature qu’il nous convie aujourd’hui, dans les Plains of the Buffalo du premier mouvement. Plaines marécageuses apparemment, laptop aigu et grésillant à peine audible, clapotis de l’eau, grincement du bois, nous sommes sur une barque avec Bertilsson pour guide, tandis qu’au loin les oiseaux chantent timidement, le vent souffle, et le ciel s’assombrit. Comme pour se prémunir d’un danger imminent, Bertilsson nous murmure quelque chose, ses propos sont ponctués de grognements avant de reprendre notre chemin.
Deuxième mouvement : Riding the Beast. Les oiseaux sont de nouveau présent, des notes font leur apparition, abstraites, mystérieuses, un style de composition très contemporain, mêlé à un free jazz fait de frétillements enregistrés, percussions acoustiques, et basses nerveuses.
Troisième mouvement : A Moth to the Flame. Toujours ce mélange entre douceur et danger imminent avec de délicats tintements de clochettes et texture grésillante écorchée. Univers glacé construit sur une nappe de choeurs fantomatiques, avant de subir une attaque bruitiste : pluie de craquements, chuintements et souffles violents, grincements de basses.
Electroacoustique, ambient, free jazz parfois, Paramount est un travail de sculpture sonore pour la technique, mais aussi une belle histoire, même si elle semble mal finir. Après, c’est bien évidemment une question d’appréciation personnelle. Cet univers parfois dérangé peut perturber, mais quand on apprend que Bertilsson a quitté sa maison où il composait cet album parce qu’elle était hantée, on se dit que finalement tout ceci a une certaine logique !!...
le 17/10/2007