(Darla / Import)
28/08/2007
Electronique

Darla / Electronica / Manual / Shoegazing
Après sept ans d’activité et autant d’albums (en solo ou en collaboration avec d’autres Danois), le moment semblait être venu de faire le point sur la carrière de Manual. Pour cela, rien de tel qu’un regroupement d’inédits, remixes, reprises et morceaux issus de diverses compilations. L’occasion nous est donc donnée, avec ce double CD, de retrouver l’electronica-shoegazing de Jonas Munk, souvent très convaincante.
Précisément, le premier CD s’attache à ce style musical avec des titres comme Summer Haze, Into The Blue ou Black Eyed Dog. À côté de ces morceaux dans lesquels les guitares interviennent avec vigueur ou les synthés s’évertuent à tisser des nappes aériennes pendant que les rythmiques se font roulantes, on s’arrêtera plus spécifiquement sur les reprises et remixes. Au rang des premières émarge celle d’A Real America du trio australien Suvome (avec une voix féminine extrêmement classique) et celle de Slowdive dont on avait déjà pu dire beaucoup de bien lors de la sortie de la compilation-hommage de Morr Music. Deux remixes sont donc également offerts : un d’Antenne (adjonction de bleeps et d’une guitare typique du Danois) et un des Italiens de Port-Royal (Karola Bloch extrait de leur premier album, qui gagne ici en légèreté). Enfin, dans une logique tout à fait évidente, Robin Guthrie, inspiration transparente de Manual, est convié à collaborer sur un titre pour une superposition réussie des deux univers des musiciens (Marbella).
Sur le second CD, c’est une veine plus ambient qui est développée avec, pour débuter, le long The River (plus de vingt-trois minutes), son lent jeu sur les variations de puissance des nappes de guitares et ses velléités élégiaques. Pour autant, les guitares mélodiques n’ont pas complètement disparu, c’est juste le tempo qui est plus ralenti et l’atmosphère générale largement plus alanguie (Open Skies). Tout aussi captivant dans ce registre que dans celui du premier disque, Jonas Munk navigue aux confins de l’ambient et du shoegazing pour des titres à la luminosité peu commune (Dizzy Sun, Seleva), symbole du talent de Manual que cette double compilation vient un peu plus faire montre.
le 13/11/2007