(Monika Enterprise / La Baleine)
30/03/2007
Electronique

Gudrun Gut est une figure importante de la scène musicale underground berlinoise. Au moins 27 ans d’activité déjà, ex-membre de Einstürzende Neubauten, fondatrice du label Monika Enterprise, animatrice de l’émission Ocean Club (elle était logiquement responsable du tracklisting de la compilation [Komfort.Labor] Presents Ocean Club paru chez WMF Records) ou encore DJ et membre de diverses formations, Gudrun Gut est une boulimique de musique.
27 ans d’activité donc, mais tellement active au travers de collaborations et side projects que I Put a Record on est son véritable premier album solo.
Gudrun Gut a donc franchi les années, et accumulé les influences sans rester scotchées aux années 80 comme on aurait pu le craindre. La responsabilité d’un label moderne, bien ancré dans son époque et maintenant reconnu, son activité de DJing, son émission de radio sont certainement autant d’éléments qui lui permettent de rester à jour sur ce qui se fait actuellement en musique, et de se remettre sans cesse en cause. Aussi Gudrun Gut trouve parfaitement sa place chez Monika Enterprise avec une pop feutrée sur des arrangements électroniques pointus, sans être savants.
L’album suit une progression logique au fil de ses 11 titres ralentissant petit à petit le tempo. On est tout d’abord très agréablement surpris par la techno pop minimale et dubisante de Move Me, parfaitement maîtrisé, avec accordéons inattendus, cassures et une voix comme souvent plutôt sombre (un reste des 80s peut-être). Dans un registre assez proche aux mélanges osés, on notera l’instrumental The Land au pied très lourd avec mélodies d’harmonica répétitives. Hypnotique.
On dérive ensuite vers un son plus pop-house (Cry Easy), un tempo plus chaloupé et une voix plus feutrée sur Girlboogie 6, pour aborder un virage pop-rock à mi-parcours avec les guitares électriques de Blätterwald. Le voyage dans l’histoire de la musique se poursuit avec les sonorités rétros de Last Night, par ailleurs plus léger, la séquence trip-hop aérien de Sweet, l’hybride reggae-blues de Pleasuretrain, pour finir par un piano, rendu soyeux par quelques effets d’écho sur Tip Tip que l’on peut voir comme une berceuse moderne.
Si l’album aborde de nombreux genres musicaux différents, il ne s’agit nullement d’une simple compilation d’influences. A chaque fois Gudrun Gut propose des arrangements propres à elle, définissant son style pour obtenir au final un album à la fois riche et cohérent.
le 04/11/2007