(Leaf / PIAS)
17/09/2007
Electronique

Ambient / Electronica / Leaf / Murcof / Néo-Classique
Murcof est peut-être bien le meilleur ambassadeur de ce que l’on nomme aujourd’hui electronica. Une très large reconnaissance de la presse spécialisée, une musique aux mélodies touchantes dans un style néo-classique susceptible de réunir un public assez large, y compris auprès de ceux qui appréhenderaient de se lancer dans l’univers des musiques électroniques, et par conséquent une base de fans non négligeable. Est-ce pour cela que Murcof est finalement assez peu traité sur EtherREAL ? Peut-être... on imagine le Mexicain exilé en Espagne déjà bien représenté dans la presse musicale, pour se demander l’intérêt qu’il peut y avoir à être la chronique de plus.
Et puis finalement plusieurs éléments jouent en faveur de l’artiste, comme le fait que nous ayons parlé plusieurs fois de ses concerts, mais d’aucun de ses disques, ou plus simplement le fait que Cosmos se révèle rapidement être un petit bijoux de finesse.
Au niveau discographique, nous n’étions pas allé plus loin que Martes, dont Cosmos s’avère être la suite logique d’une hypothétique trilogie spatiale. Les six titres de cet album, six longues pièces comprises entre 7 et 13 minutes, font tous référence à l’astronomie, pour un véritable album conceptuel, jusqu’à la pochette de prime abord déplacée, mais qui provient de la NASA. Dès les premières notes on est subjugué par ce son, entre souffles électroniques et cordes plaintives aux consonnances un peu orientales, à faire se pâmer tout fan de Dead Can Dance ou d’Arvo Pärt. C’est ensuite la finesse, la précision de la composition qui touche au sublime. Longs silences, cuivres ronds, extrêmement graves, qui viennent s’opposer aux cordes. Et puis tout s’enchaîne assez logiquement, avec l’impression d’entendre sur ce Cuerpo Celeste un véritable orchestre, laissant présager avec cette pièce le début d’un véritable opéra cosmique, la dimension néo-classique étant mise ici très en avant. Les orgues se mêlent aux cordes ajoutant encore un peu de mysticisme, puis des voix d’opéra pour un final épique, avec basses ronronnantes, clicks rythmiques et percussions orchestrales.
On pourra peut-être regretter que cette introduction ne soit pas suivie des faits. Non pas que la suite soit moins bonne, loin de là, mais Cosmos n’est pas l’opéra électronique que l’on pouvait attendre puisque les pièces suivantes n’ont pas forcément le même impact. Cielo par exemple a presque l’air d’un titre electronica comme un autre. L’acoustique est toujours là, la rythmique hyper efficace en mêlant clicks syncopés et basses, mais la composition est plus classique, peut-être plus proche de ce que Murcof faisait déjà sur son premier album. Comete pourra surprendre quant à lui avec un son très sombre, une ambiance industrielle provoquée par des basses ronronnantes mise en lumière par de nouvelles cordes et voix.
On remarquera enfin Cosmos I et Cosmos II avec lesquels Fernando Corona délaisse l’electronica pour une pure ambient, avec de riches assemblages de nappes tout en glissando nous rappelant parfois la BO de Blade Runner, parfois l’électronique allemande des années 70.
L’album se termine avec Oort. Cette pièce d’environ 13 minutes, a peu près aussi ambitieuse que l’ouverture de l’album, trouve logiquement sa place en fin d’album, faisant référence au nuage de Oort, réservoir à comètes au fin fond de notre système solaire. Pianos étincelants, grands élans de cordes et grincements de violon, alternance de calme et brèves tempêtes free, micro-bruitages électroniques sur un court passage tout en retenue, un final de toute beauté pour un album d’une maîtrise exemplaire.
le 18/01/2008