19/01/2007
Léoz,
Paris
Projet de Jeff Knoch (qu’on a récemment pu croiser sur un album d’Area C), Eyes Like Saucers fit escale à Paris en ce samedi soir, au Léoz, bar à vins branché juste ce qu’il faut au métro Voltaire. Organisée par le dynamique collectif Kliton, la soirée débuta par une courte prestation d’Oso El Roto que nous n’écoutâmes que de loin, peu adeptes de cette musique improvisée où cris, batterie et quelques traits de guitare se mêlent.
Ce ne fut donc que pour la prestation de l’États-unien que nous descendîmes au sous-sol où, devant une trentaine de personnes, le musicien s’était installé derrière son harmonium. Doté d’une pédale lui permettant d’avoir les deux mains libres pour le clavier, son instrument produisit ces traditionnels accords aux relents mystico-symboliques. Par un jeu sur la répétition lancinante, Jeff Knoch parvint à contrebalancer l’impression de manque de liant du à la « respiration » inhérente au soufflet de son harmonium. N’hésitant pas à proposer quelques accords dissonants, l’artiste introduisit également, sur un morceau, un son suraigu, émanant d’une pédale et semblable à un theremin. Tirant sa musique vers quelque chose de plus psyché et de moins mystique, cet apport rompit donc avec la linéarité du set. De même, le caractère un peu grinçant des sonorités de son instrument fut heureusement compensé, sur deux titres, par un chant, peut-être un peu sous-mixé, mais qui eut, lui aussi, le mérite d’exposer autre chose que cette suite d’accords qui, à elle seule, n’offrait que peu de perspectives. Preuve, s’il en fallait, que le drone est incroyablement difficile à maîtriser et que l’instrument solo n’est probablement pas la meilleure formule en la matière.
le 27/01/2008