Biosphere

 date du concert

25/01/2008

 salle

Géode,
Paris

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Biosphere / Géode / Insight Project

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Biosphere
Géode

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Un concert exceptionnel en ce 25 janvier puisque Biosphere (de son vrai nom Geir Jenssen), artiste déjà rare par chez nous en concert, se produisait dans un lieu plutôt inattendu : la Géode. Étant programmé dans le cadre de Planète Géode, un cycle sur l’environnement, avec projections de films sur le thème, débats, et donc ce concert de Biosphere accompagné de vidéos de l’Allemand Egbert Mittelstädt. Étant donné les circonstances, on ne savait trop à quoi s’attendre : concert de Biosphere sur des documentaires en panoramique ou bien au contraire une réelle collaboration entre musicien et vidéaste, plus intéressante, mais ne permettant pas forcément de profiter de la projection hémisphérique que proposée par la Géode.

Les lumières s’éteignent, une mire bleue apparaît. C’est donc la deuxième option à laquelle nous allons assister, certainement la plus intéressante d’un point de vue purement artistique. Musicalement, on retrouve tout de suite les grandes heures de Biosphere avec ses boucles de nappes virevoltantes, hypnotiques, cotonneuses. Le son est absolument parfait, le public plongé dans une écoute religieuse. On sera par contre très surpris par les vidéos puisqu’il était bien annoncé que les artistes "mixeront en direct sons et images exceptionnelles inspirés de la nature". Nous voici en fait sur un quai de métro. Plan fixe, les rames de métro défilent et se déforment, les passants semblent se liquéfier pour se recomposer un peu plus loin. Au fil de ces projections on se rendra compte que ce n’est pas la nature, mais plutôt l’Homme qui est au centre des préoccupations de l’artiste, l’Homme qui plus est dans un environnement urbain, créé de toute part, au dépend de l’environnement naturel qui fourni pourtant la majeure partie des sources sonores de Geir Jenssen. Une sorte de contradiction, le même genre de contradiction que d’écouter Biosphere dans son iPod et ne jamais quitter le monde civilisé.
Mais cette contradiction qui n’est pas un problème en soi, sera vite oubliée quand on aura apprécié la qualité du travail d’Egbert Mittelstädt. Des vidéos vraiment originales, des effets vus nul part ailleurs, un véritable travail de création, étirant et compressant le temps et l’espace, jouant régulièrement sur les superpositions de plans fixes et animés, les panoramiques à 360°, les déformations et ondulations appliquées à ses images, transformant des passants en leur propres reflets dans l’eau, tentant de ramener à l’état naturel des environnements urbanisés, carrés, rectilignes.
De son côté, Biosphere reste fidèle à lui même jouant presque un best of de ses dix dernières années, privilégiant l’ambient polaire mais proposant régulièrement quelques titres rythmés, jouant sur la répétition pour se révéler tout aussi hypnotiques que ses pièces arythmiques. Sur la fin, il jouera un titre assez étonnant, très brutal, sonorités dures, agressives, inattendues au volume sonore élevé, sur une vidéo tournée dans le hall de la Géode, subissant les mêmes distorsions visuelles.

Un excellent concert, des conditions optimales, des projections originales bien que les effets soient un peu répétitifs, bref une excellente performance.

Fabrice ALLARD
le 12/02/2008

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