Hurtmold

Mestro

(Nacopajaz / Discograph)

 date de sortie

00/09/2007

 genre

Rock

 style

Jazz / Post-Rock

 appréciation

 écouter

4 MP3 (extraits)

 tags

Hurtmold / Jazz / Nacopajaz / Post-Rock

 liens

Nacopajaz
Hurtmold

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Après le future jazz (Canvas), l’electro-pop bricolée (Del Wire), l’electronica (Fedaden) et la folk scandinave (MAI), il ne manquait plus guère que le post-rock aux rayon du label français Nacopajaz. Histoire de ne pas faire comme les autres, ils sont allé chercher Hurtmold au Brésil. Pourtant à l’écoute de Mestro, rien ne laisse à penser que cette formation créée en 1998 est originaire d’Amérique Latine.

Post-rock donc, et même dans la plus pure ligne. Hurtmold est composé de six musiciens, avec un bassiste, deux guitaristes, et trois percussionnistes également en charge de l’électronique et des cuivres (trompette et clarinette). On trouve donc une très importante section rythmique capable de créer des échaffaudages complexes propres au genre et des cuivres apportant chaleur latine et couleur jazz. On notera tout de suite l’importance du vibraphone que se partagent deux percussionnistes, responsable de sublimes mélodies sur la plupart des morceaux. Passons aux choses concrètes avec le morceau titre qui ouvre l’album. Diverses strates de percussions se mettent en place pour obtenir au final une rythmique riche, avec une basse bien marquée, des guitares mélodiques particulièrement efficaces, et puis le vibraphone dont les notes, en phase avec la batterie, viennent encore appuyer le tempo. A ce stade on pense immédiatement à Tortoise, le parallèle est flagrant et se confirmera tout au long de l’album, et en particulier sur Amarelo é Vermelho ou Miniotario et sa rythmique plus cassante et une basse particulièrement appuyée. Pour finir de lier Hurtmold avec la scène chicagoenne, Maurizio Takara, leader du groupe, a créé le Sao Paulo Underground avec Rob Mazukek (du Chicago Underground Orchestra).

Au fil de l’album, le groupe se renouvelle subtilement, apportant quelques changements tout en restant dans le même esprit. Comme on l’a vu, des cuivres viennent parfois en renfort, accompagnant la fin d’un titre ou contribuant à mettre en avant leurs influences jazz sur Sova, régulièrement ponctué de séquences improvisées avec trompette criarde comme sur Amansa Louco et/ou clarinette plaintive. Quand les guitares prennent le dessus et que les vibraphones n’apportent plus leur douceur, le ton devient beaucoup plus rock (Kampala), comme pour relancer la machine après la mélancolie d’un Quase 6 De Misticismo ou le tempo plus lourd de Música Política Para Maradona Cantar. On notera même un bref passage par le chant sur Chuva Negra, mais le groupe évite juste à temps de virer pop.

On saluera d’abord Nacopajaz pour leur tentative de faire connaître Hurtmold dans nos contrées. Maintenant on pourra être partagé entre le plaisir indéniable de les écouter, et certainement de les voir en concert car nul doute qu’il s’agit d’une formation faite pour le live, et l’impression de les découvrir trop tard, arrivant chez nous bien après Tortoise. De plus Mestro est un album paru en 2004 sur le label brésilien Submarine Records alors qu’on aurait peut-être préféré les découvrir avec leur dernier album également publié en 2007.

Fabrice ALLARD
le 16/03/2008

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