Le développement exponentiel, et limite vertigineux, des blogs, sites d’échanges et de partages vidéo et autres lieux participatifs amène régulièrement les journalistes à émettre des craintes quant à l’utopie du « demain, tous journalistes ». Qu’en est-il sur le plan artistique ?

S’il ne s’agit évidemment pas de décréter que la mise en place d’un statut de l’artiste est nécessaire, on peut cependant s’interroger sur l’extrême démocratisation des processus de création. Sur le plan de la musique électronique, la mise à la portée de tous des logiciels de base semble accréditer la théorie de la vulgarisation des outils, ce dont on ne saurait se plaindre au regard des découvertes qu’elle nous conduit à faire.

Pour ce qui est du cinéma en revanche, on déplore souvent, notamment à l’occasion de festivals, la trop grande facilité de certains objets filmiques, se complaisant dans une esthétique paupériste, ne jurant que par la sous-exposition, le sous-mixage et l’à-peu-près du cadre. Pire encore, dans le domaine plastique, l’affaire Cy Twombly- Rindy Sam démontra l’an passé que la maculation d’un tableau était considérée par l’artiste auto-proclamée comme « un acte d’amour et un acte artistique ». Geste mégalomaniaque isolé ou manifestation d’une croyance collective en l’abolissement des frontières entre créateurs et spectateurs ? La question mérite d’être posée.

François Bousquet
le 07/04/2008