(Psychonavigation Records / Import)
03/03/2008
Electronique

Né de la rencontre entre Enrico Coniglio, musicien ambient italien qu’on avait découvert avec un premier album paru l’an passé, et la pianiste Elisa Marzorati, dyanMU se détache fort heureusement du tout-venant néo-classique. De fait, le disque s’attache plutôt à ce courant musical qui veut unir mélodies dépouillées du clavier et expérimentations électroniques.
Flirtant avec le larsen, ces dernières peuvent également se faire plus percussives ou, à l’inverse, plus discrètes. En tout état de cause, il s’agit pour Enrico Coniglio de se mettre à chaque fois au service du piano de sa compatriote. Seuls quelques morceaux permettent à l’Italien d’opérer en quasi-solo, installant une texture plutôt sombre, parsemée d’obscurs samples parlés, d’oscillations inquiétantes et de ténébreux accords plaqués de piano (Birds Delight, Ship to Exit, Loss Pt. 2).
En outre, et c’est également une des forces de cet album, le clavier ne se perd qu’extrêmement rarement dans un ascétisme de bon aloi, contemplant ses quelques notes lâchées çà et là (citons tout de même, à cet endroit, l’un rien poseur Cableway). Au contraire, Elisa Marzorati sait se faire caressante (Foliage, Walking Distance) ou se rapprocher d’une forme de jazz assez entraînante (Bell-Ringer). À l’issue de cette description, on pourrait craindre un album « fourre-tout », s’égarant dans plusieurs directions sans jamais véritablement opter pour une ligne directrice. Or, il n’en est rien ; dyanMU se révèle, en vérité, varié et intéressant de bout en bout, même si on aurait aimé que certains titres dépassent les deux minutes trente.
le 07/04/2008