(Miasmah / Import)
31/03/2008
Electronique

Musicien polonais (un pays rarement évoqué dans ces pages), Michał Jacaszek a du attendre son troisième album pour être signé sur un label étranger. C’est logiquement Miasmah qui accueille donc Treny, long-format dans lequel l’artiste développe une ambient assez sombre où cordes et vocalises féminines soutiennent régulièrement les textures synthétiques.
De fait, la voix de Maja Siemińska, le violoncelle d’Ania Śmiszek-Wesołowska et le violon de Stefan Wesołowski sont présents sur la quasi-totalité des morceaux, conférant une dimension sépulcrale tout à fait caractéristique. Pendant que la première intervient par hululements et chant spectral, les seconds soulignent cette caractéristique par leur jeu acéré. Peut-être un peu trop signifiant, le concours des cordes va même jusqu’à la limite du pénible quand il tire vers les aigus alors que la participation, dans Taniec par exemple, d’un piano semble plus légitime et apporte un réel plus aux compositions de Jacaszek.
Si l’atmosphère générale se situe ainsi à la frontière de l’incantation mystique et frise alors avec un ésotérisme new-age suranné, la noirceur des morceaux et la présence récurrente d’éléments électroniques (cliquetis, souffles, nappes) permet au Polonais d’échapper à la tentation purement décorative. Cependant, trop homogène, agissant davantage comme une bande-son que comme un véritable album, Treny ne nous convainc pas totalement en définitive.
le 01/05/2008