(PPT/Stembogen / COD&S Distribution)
00/01/2008
Electronique

Croisé assez régulièrement en concert depuis quelques années, on n’avait pourtant jamais écouté de productions de Vincent Epplay, artiste sonore peut-être plus actif aux niveau installations que productions discographiques, notamment avec l’artiste Antoine Schmitt. Mis à part quelques titres essaimés sur diverses compilations (Optical Sound, Vibrö), c’est donc la première fois que l’on écoute une œuvre complète de Vincent Epplay.
Le disque contre l’insomnie est un vinyl 10" composé de deux pièces d’une dizaine de minutes chacune, proposant de revisiter le disque d’hypnose. Bizarrement on a une image un peu kitsch de cette pratique, l’impression que l’heure de gloire de l’hypnose était dans les années 70, s’invitant même dans de grandes émissions de variété avec le célèbre magicien Dominique Webb. La pochette reprend cette imagerie, superbe photo noir et blanc qui semble toute droit tirée d’un film d’époque.
C’est justement de ce fameux Dominique Webb que Vincent Epplay s’inspire ici, l’illusionniste français ayant sorti quelques disques, dont un avec Jean-Michel Jarre à la musique. Voix douce, presque murmurée avec laquelle Vincent Epplay s’amuse en lui appliquant quelques subtiles effets, la passant au ralenti, ou changeant même son tempo au fil d’une même phrase, cassant du même coup la linéarité et donc le potentiel hypnotique de la pièce. Musicalement, le premier morceau (Hypnose) est composé de nappes synthétiques ondulantes et flot de micros bleeps aquatiques, soit un mélange très ambient et donc tout à fait dans la lignée de ce que l’on peu attendre d’un disque d’hypnose.
Les variations déjà visibles sur la première face sont accentuées sur Relaxation. Voix féminine et masculine subissant accélérations et ralentissements, bleeps et tonalités synthétiques épurées, cette deuxième pièce, beaucoup plus dérangée, nous fait penser aux expérimentations électroniques des années 60-70 ou encore à de vieux films de science-fiction.
Nous n’avons pas testé la possible fonctionnalité de ce disque. On ne dévoilera donc pas ici s’il est efficace, mais nous en douterons. En effet c’est plutôt le genre de production pour lequel on a bien envie d’avoir tous nos sens en éveil afin d’en percer tous les petits détails, un peu comme si l’on se persuadait que l’hypnose ne marchera pas sur nous, guettant sans cesse le moment où l’on risque de basculer.
le 09/05/2008