(Sending Orbs / Import)
15/04/2008
Electronique

Electronica / Kettel / Phoenecia / Secede / Sending Orbs
Quelques mois seulement après le calme et envoûtant Whisper Me Wishes sorti chez Djak-Up-Bitch, Reimer Eising revient sur la structure de son frère Wouter pour y proposer une troisième sortie, après les impeccables Through Friendly Waters et My Dogan, qui constitue en même son neuvième album studio en à peine huit ans d’activité. Et c’est une nouvelle pièce majeure qui s’ajoute à l’oeuvre déjà impressionnante du Néerlandais. Avec une évolution pour Sending Orbs puisqu’il s’agit pour la première fois d’un digipack, toujours admirablement décoré par Jeroen Advocaat, ici avec un bestiaire savant.
Myam James Part 1 - la Part 2 est annoncée d’ici quelques mois - commence en fanfare par des sautillements printaniers et champêtres éloignés des pièces plus contemplatives du précédent opus et presque aux antipodes des climats sombres et magistraux de Volleyed Iron. A vrai dire, c’est de Dreim, premier album très dansant, que l’on se rapproche ici. Lorgnant vers une electronica aux relents acid (The Wombat, Dolend) ou hip-hop (Church), Kettel allie avec maestria tout au long du disque mélodies intimistes, myriade de sons et rythmiques primesautières bien de saison.
Il sait faire évoluer ses courtes pièces pour en adoucir le propos (Shimamoto, Palle’s Popsong). Sa palette sonore rapidement identifiable fait mouche grâce à sa variété d’inspiration sans cesse renouvelée, avec toujours ces notes claires comme les étoiles d’un ciel d’été, en dégradé mélancolique et incantatoire (Twinkle Twinkle). Ende, au milieu du disque, procure une respiration plus ambient. Normal quand on contemple le firmament... et on déploie ses ailes pour accompagner les nappes onctueuses qui surnagent dans le formidable Fishfred, avant de clore l’aventure avec deux remixes ambient très travaillés, l’un presque ascétique (My Dogan par Phoenecia), l’autre évolutif et captivant (Church par son très talentueux compagnon de label Secede).
Kettel, petit lutin curieux (dans les deux sens du terme), touche-à-tout électronique, nous offre à nouveau ici 53 minutes d’excursion électronique de très haute tenue. Il n’est pas de ces artistes qui ne se renouvellent pas ; il n’est qu’à se repaître de ses trois albums sortis chez Sending Orbs ou de comparer celui-ci avec son prédécesseur immédiat pour s’en convaincre. Il navigue, louvoie, explore, tourbillonne avec bonheur dans un océan de sons où il se sent comme un poisson dans l’eau.
le 08/05/2008