(Autoproduit)
00/04/2008
Electronique

Absent / Ambient / Autoproduit / Electronica / Kabutogani / Scrablledog / Shizuka (Fr)
En reprenant la chronique que l’on avait écrit il y a déjà 4 ans à propos de l’une des premières productions du duo français Absent, on réalise que l’on alertait sur des influences assez marquées qui risqueraient d’être lourdes à porter à l’avenir. Rien de honteux bien au contraire, mais un son très proche de Murcof, Autechre ou Clint Mansell rendant ces comparaisons quasi obligatoires. Quatre ans plus tard donc, force est de constater que Absent vole maintenant de ses propres ailes !
Non seulement ces influences ne sont plus visibles, ou plus si ouvertement marquées, mais en plus Absent se détache de l’electronica calibrée de ces dernières années, en particulier en optant pour des atmosphères sombres, voire poisseuses à l’image de L’aire de l’informe qui ouvre l’album. Dark ambient grésillante, mélodie minimale, basses bouillonnantes, ambiance pesante. Pour couronner le tout, chacun des quatre morceaux se voit accompagner d’un petit texte, une phrase, une anecdote écrit par une pédopsychiatre, illustrant les titres et les tourments de l’enfance. On revient ensuite à une electronica relativement classique sur la forme, polyrythmie efficace, mélodies soignées s’emportant parfois un peu lorsque des influences industrielles prennent le dessus comme sur le plus sombre et dérangé La capacité d’être seul, puis le duo fait preuve d’une fausse légèreté sur Willy et son ambiance décrivant assez bien la folie. On finira par un très beau mélange piano - rythmique électronique (Processus primaires) qu’une boite à musique déglinguée vient ramener à l’univers de l’enfance.
En bonus, quatre relectures nous sont proposées, chaque morceau étant repris, dans le même ordre, par quatre artistes différents. Autre projet issu du collectif aB.100, Kabutogani s’en sort pas mal avec sa reprise electronica-ambient crépitante, en particulier en ajoutant une couche mélodique ultra aigüe. La division mentale se fait au contraire très physique sur le final de Little Faust’s Play avec ses basses ronronnantes et sa rythmique menée tambours battants, ajoutant des tintements mélodiques plutôt bienvenus. On sera un peu déçu par Ten Data Keshin qui atténue la folie de l’original avec une rythmique carrée répétitive, ainsi que par Shizuka (autre projet d’Anthony Dokhac, déjà évoqué sur ses pages en tant que Scrablledog) passant le piano aux effets avec une rythmique binaire, mais ajoutant par ailleurs une mélodie synthétique sombre et langoureuse.
Quatre titres donc, mais tous vraiment très beau. On aime quand la qualité prime sur la quantité. Au niveau des remixes, on pourra reprocher aux artistes ici présents de ne pas être allés plus loin dans l’appropriation des morceaux de Absent.
le 12/05/2008