(Interstellar Records / Import)
17/01/2008
Rock

Ambient / Interstellar Records / Metalycée / Post-Rock / Thilges 3
On n’avait plus aucune nouvelle du duo Metalycée, découvert et apprécié en 2004 avec leur premier album, Another White Album, paru chez Mosz. On retrouve le duo formé par Armin Steiner et Nik Hummer aujourd’hui à l’état de quintet, enrichi d’un batteur (Bernard Breuer), d’un bassiste (Matija Schellander) et d’une chanteuse (Melita Jurisic). Forcément avec un tel changement, le style diffère un peu, et c’est en quelque sorte un nouveau départ qu’ils nous proposent ici avec ce EP 12" sans titre composé de trois pièces.
Puisque cette formation revisite le style ’metal’, on reconnaîtra que leur approche du genre reste très personnelle. S’ils se "contentaient" de plaquer des guitares brutes et sèches sur des rythmiques que l’on comparait à celle de Radian, ils vont aujourd’hui un peu plus loin, se rapprochant du metal avec l’aide des trois nouveaux musiciens, batterie et basse orientant logiquement ce projet vers des terres plus rock. Le disque s’ouvre sur Mad Tom Song et sa basse brute, sa batterie sèche, un son lourd que la voix de Melita Jurisic ne vient même pas éclaircir. Au contraire son spoken word grave, hanté contribue lui aussi à faire pencher un peu plus le groupe vers le metal, ou plutôt à jouer avec ses codes car soyons clair, Metalycée n’est pas (encore ?) un groupe metal, loin s’en faut. Le deuxième titre, Mirek, est d’ailleurs là pour le confirmer. Superbe instrumental au démarrage ambient expérimentale, sa rythmique sophistiquée et ses guitares faisant flotter les mélodies nous ramènent au premier album du groupe. Post-rock à la sombre beauté, joliment souligné par une basse très présente et des percussions métalliques, à lui seul ce titre nous fait plaisir à retrouver cette formation atypique.
La face B contient un seul titre d’une dizaine de minute qui mêle plutôt habilement ce que l’on trouve que la première face. En effet Ghostpriest débute par une longue et froide intro ambient avec bruitages discrets et basses inquiétantes, avant de retrouver la voix de Melita Jurisic, murmurée, plus sensuelle, pour finir de manière sombre et scandée, tantôt plaintive, tantôt rageuse sur une musique toujours sous contrôle.
Une nette évolution donc, avec la crainte possible d’être déçu par ce changement assez net, le passage au chant, mais force est de constater que le Metalycée que l’on connaissait est bel et bien toujours là, cherchant à défricher des terres encore vierges. Avis aux amateurs d’aventures...
le 10/05/2008