Zavoloka

Viter

(Kvitnu / Import)

 date de sortie

30/11/2007

 genre

Electronique

 style

Contemporain / Electronica

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7 extraits (Flash)

 tags

Contemporain / Electronica / Kvitnu / Zavoloka

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Zavoloka
Kvitnu

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Après avoir sorti quelques productions chez Nexsound dont l’excellent album Plavyna, la jeune Ukrainienne se produit maintenant chez Kvitnu, autre label ukrainien dirigé par Dmytro Fedorenko (artiste plutôt noise jouant sous le nom de Kotra) pour qui elle créé de magnifiques packagings. Certains l’auront peut-être vue au festival Présences Electronique en 2007, lors duquel elle a fait une prestation proche de la catastrophe. Aléas de la performance live, c’est bel et bien en grande forme qu’on la retrouve sur ce mini album.

Composé de 7 morceaux pour une vingtaine de minutes, Viter (’vent’ en ukrainien) est le premier d’une série d’album dédiés aux quatre éléments : air, eau, feu, terre. Pour l’occasion Zavoloka s’est entourée d’une violoniste et d’un violoncelliste qui apportent tout de suite un certain cachet à cet album aux influences multiples. Le son continu des cordes rend les pièces fluides et aériennes, comme flottantes au grès des vagues schématisées sur la pochette. On trouve aussi un retour aux sources, à ses origines, via l’intégration de chants traditionnels ukrainien, avec par ailleurs des sections rythmiques très electronica, tendance click’n cuts. Cette approche consistant à mêler électronique pointilliste et musique classique nous fait parfois penser au projet que mènent Alva Noto et Ryuichi Sakamoto depuis quelque temps, mais aidée par un jeu de cordes plus contemporain que classique, l’ukrainienne semble déjà être allée au delà.

On ne citera pas les titres des morceaux de Viter dans la suite de cette chronique, puisque par effet de style, et pour coller à la thématique, ceux-ci s’intitulent tour à tour Inhale et Exhale, ramenant ce CD à l’état même d’élément vital.
Comme Matmos, Zavoloka a profité de son passage à l’INA-GRM pour utiliser le synthétiseur Coupigny, modèle unique réalisé par Francis Coupigny dans les années 60. On le devine ici sur la première piste qui sert d’introduction, avant de retrouver les cordes qu’il nous semble avoir déjà entendu lors de son set à Présences Électronique. On retiendra ici en particulier deux titres, deux inspirations. La première au violoncelle extrêmement présent sonne grave, en particulier quand la rythmique lourde et puissante s’en mêle, limite industrielle, contrastant avec les glissandos de cordes et écrasant le chant traditionnel ukrainien. Un peu plus tard, c’est le jeu pointilliste des cordes qui séduit. Cordes pincées, brefs coups d’archet, break de mélodie électronique et enchaînement avec une superbe mélodie, mi cordes, mi électronique, aux subtiles intonations orientales.

Quelque part entre classique contemporain et electronica, ce mini-album préfigure d’une superbe série sur les quatre éléments. Qui plus est l’objet est de toute beauté avec un boitier en carton aux vagues ton sur ton (mat et brillant), boitier reprenant d’ailleurs cet effet de vague. Deux courbes découpées laissent alors apparaître la pochette jaune qui abrite le CD. Un peu tard maintenant pour faire les tops de l’année 2007, mais à coup sûr ce mini-album y aurait pris une excellent place.

Fabrice ALLARD
le 11/05/2008

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