21/06/2008
Église Saint-Eustache,
Paris
Aaaah, la fête de la musique ! Bon en fait on a plutôt l’impression que ça fait des années que l’on ne s’est pas déplacé pour la fête de la musique qui est tout autant la fête de la bière avec son lot de débordements. La fête de la musique on a plutôt l’impression de la faire toute l’année. Cette année, plusieurs événements étaient susceptibles de nous motiver, comme la soirée GRM à la Maison des Métallos, mais c’est à l’église St Eustache qui nous faisions le déplacement afin de revoir Winter Family dans ce type de cadre après une petite déception à l’église Ste Elisabeth de Hongrie.
Winter Family clôturait 36h de concert dans cette église dans le cadre du Festival de la nuit des nouveaux arts sacrés. Prévu à 23h30, on se retrouve à 23h dans le métro ligne 4, entre Montparnasse et Les Halles. Chaleur étouffante, voyageurs en nombre, ambiance festive, brouhaha, cris, chants. Alors que l’on approche de l’église, on entend derrière nous un "viens on s’casse de là, y’a rien a faire ici !!" alors que l’on se dépêche pour ne pas rater une miette du concert qui va se dérouler à deux pas d’ici. Entrée dans l’église, fraicheur, sérénité, public assis, studieux, écoutant un concert d’orgue plutôt contemporain. A 23h30 pile, le public qui faisait face à l’orgue se retourne vers la scène et une fois les petits problèmes techniques réglés, le concert peut débuter.
C’est le son de l’orgue que l’on entend d’abord, un son énorme, une nappe ample et grave, puis Ruth Rosenthal, seule sur scène commence son spoken word pour un Abraham entièrement réalisé sur l’orgue de St Eustache. Ce soir le duo est accompagné de deux autres musiciens, l’un à la basse, le second alternant entre guitare et percussions, et ils sont présents dès le deuxième morceaux, accompagnant Ruth, marquant le tempo. Xavier Klaine arrive sur scène et prend le relai à l’harmonium et on retrouve les Winter Family que l’on connaît. Même répertoire mêlant textes en hébreux et en anglais, finesse et fragilité du piano, basse et percussions venant souligner un peu plus les variations de tempo, même si en définitive on se demandera si cet apport est d’un réel intérêt. On s’y attendait un peu, une partie des spectateurs quitte l’église, comme si les musiques autres que classiques et sacrées n’avaient pas vraiment leur place dans une église. En fin de concert Xavier repart sur l’orgue de l’église pour un dernier titre reprenant le mélange des religions que l’on avait déjà vu à l’église Ste Elisabeth de Hongrie, Ruth invitant les spectateurs à se réconforter les uns les autres, bras levés vers l’auditoire, et quittant l’église suivie par tout le public. Un final grandiose, mais aidé en cela par l’utilisation de l’orgue de St Eustache au son exceptionnel.
Si l’on a passé globalement un très bon moment, en sortant de la salle notre sentiment général restera un peu en deçà de nos espérances, n’égalant pas à notre sens leurs concerts au Café de la Danse. Un son qui n’était pas optimal, problème malheureusement assez fréquent sur les concerts amplifiés en église. On se dit que Winter Family aurait peut-être du adapter son set à ce lieu et profiter un peu plus systématiquement de l’orgue de l’église qui était lui parfaitement adapté au lieu.
le 01/07/2008