Siestes Electroniques 2008 : American Tourister / A Mountain of One / Milky Globe & Isan / The Emperor Machine

 date du concert

28/06/2008

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

A Mountain of One / Festival des Siestes Electroniques 2008 / Isan / Prairie des Filtres

 liens

Isan
Festival des Siestes Electroniques 2008
A Mountain of One

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Nous y voici donc, avec les véritables siestes du samedi et dimanche après-midi et quatre concerts par jour. Comme à notre habitude, on zappe la soirée clubbing qui se déroule cette année au Bikini avec notamment Turzi et Sébastien Tellier. Temps magnifique, un peu chaud mais en fin d’après midi, à l’ombre des arbres, il fait bon s’allonger dans l’herbe pour écouter ces concerts. La météo aidant, si peu de monde était présent pour le premier concert, la pelouse de la prairie des filtres ne cessera de se remplir au fil de la soirée.

Dans le registre siestes justement, ça commence plutôt très bien avec un duo qui s’avère être local comme leur nom ne l’indique pas puisqu’il s’agit de American Tourister. Duo donc, chacun derrière son laptop pour une electronica classieuse, des mélodies fines, des rythmiques syncopées comme il faut avec des basses parfois un peu appuyées, on aurait presque envie de se lever pour danser sur quelques titres un peu plus péchus avec rythmiques crunchy, un peu plus granuleuses. L’utilisation de sons électroniques évoquant l’acoustique (ressemblance parfois avec un instrument à cordes frappées) ajoute encore à la sensibilité et fragilité de l’ensemble. Bien sûr, c’est pas d’une originalité renversante, mais fort bien réalisé, soigné, et pour amateurs du genre, c’était un peu le set parfait.

Changement complet de registre avec A Mountain of One. Cinq sur scène avec le trio gagnant guitare, basse, batterie, ajoutez à cela un quatrième homme aux machines pour quelques bruitages rétro et un chanteur qui alterne entre piano, guitare électrique ou guitare sèche. Comme pour la plupart des concerts, on aborde celui-ci avec les quelques infos présentes sur le site des Siestes Électroniques ou la brochure disponible sur place, nous attendant donc à des nouveaux Pink Floyd. N’étant pas spécialiste en flamand rose [1], on évitera toute comparaison. Par contre effectivement, ça sonne très musique de hippies, avec des morceaux de 10mn, des guitares qui dégoulinent, des petits bidouillages électroniques stratosphériques, et la douce voix du chanteur qui fait l’effet de nappes planantes. C’est parfois agréable, gentil, parfois un peu irritant, comme a peu près n’importe quel artiste/groupe qui nous ressort la musique de nos parents ou grand-parents. Précisons que l’attitude du groupe, un élément presque aussi important en concert que leur musique, n’aide pas. On se demandera s’ils n’étaient pas à l’aise, s’ils ne croyaient pas vraiment à ce qu’ils faisaient, bien que le chanteur avait tendance à en faire parfois un peu trop. En bref, ça marchait plutôt pas mal, disons que ça faisait à peu près son effet, mais qu’on préférera écouter les originaux.

On passe ensuite à l’un des rares noms connu de cette édition puisqu’il s’agit de Milky Globe & Isan. A moitié connu dirons-nous en fait, et on ne vous présentera donc plus Isan. Si Milky Globe ne vous dit rien, sachez qu’il s’agit de Jon Tye, boss du label Lo Recordings, plutôt éclectique puisque l’on y trouve à la fois Rothko (post-rock, ambient), Red Snapper (trip-hop), Alexandroid (electronica) en passant par Jean-Jacques Perrey et Susumu Yokota. Après avoir participé à plusieurs groupes musicaux il s’est mis à son propre projet sous le nom de Milky Globe, sortant son premier album l’an dernier sous la forme d’une compilation de collaborations avec notamment EU, Nathan Fake et donc Isan avec qui il partage ce live. Sur scène Milky Globe donne l’impression d’être là en homme d’affaire, jouant en costume et CDs Lo Recordings en vente au stand. On attendra le concert pour acheter l’album. On est donc en terrain relativement connu, electronica tantôt soyeuse, tantôt un peu "pouet pouet", pouvant paraître mièvre voire soporifique sur la longueur, quand un titre se prolonge plus que de raison. Un concert globalement agréable, et là aussi assez parfait dans l’esprit siestes mais musicalement inégale, préférant dans le lot les titres les plus contrastés, avec des rythmiques un peu plus claquantes, des arpèges de basses qui répondent aux bleeps mélodiques. A tester sur disque, l’éventail des collaborateurs permettant peut-être un son moins homogène.

Dernier concert du jour avec The Emperor Machine, projet rétro-futuriste de Andy Meecham, un vieux de la vieille de l’électronique puisque accumulant les projets musicaux, cela fait près de 20 ans qu’il produit de la musique, passant les années en suivant les modes du moment, house, techno, disco, electro. Avec The Emperor Machine, il nous propose lui aussi un retour vers le passé, à la gloire des synthés analogiques. On ne suivra ce concert que de loin, le devant de la scène étant de toute façon pris d’assaut par les danseurs qui s’en donnent à cœur joie. Le concert est toutefois assez varié avec un début très électro kitsch, tous synthés dehors, basses puissantes, on pense alors au générique de K2000, et certains titres de DMX Krew qui faisait déjà ça il y a 10 ans. The Emperor Machine à toutefois une approche un peu plus rock qui prendra de l’importance au fil du concert, avec batterie et guitare électrique. Ambiance légère et festive pour le plaisir des spectateurs mais on n’atteindra toutefois pas la folie de l’an passé avec Joakim !

Fabrice ALLARD
le 29/06/2008

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