29/06/2008
Prairie des Filtres,
Toulouse
Dernier jour des Siestes Électroniques en ce dimanche, sous une chaleur accablante et une panne des bornes de Vélib toulousain qui nous ferons arriver sur place avec un peu de retard. Petite frayeur puisque c’est Mondkopf qui ouvrait cette journée et que nous tenions à le voir puisqu’il s’agissait très certainement du live le plus intéressant de la journée.
Heureusement l’organisation a pris un peu de retard (assez habituel sur cette édition) et ce n’est que vers 17h que le jeune toulousain (aujourd’hui basé sur Paris) prend place, seul sur scène muni de son laptop. On est tout de suite conquis par le son, 100% électronique, des sonorités pures, que ce soit pour des fines mélodies de bleeps ou de longues nappes synthétiques. Un set joliment construit, débutant par des titres doux et calmes, enchaînement avec un jeu d’arpèges ponctué de quelques effets de syncopes, lente montée, puis décollage avec des rythmiques plutôt sèches, claquantes, un titre parfois un peu trop répétitif donnant une impression de longueur, un autre au contraire donnant envie de danser sur des rythmiques un peu plus lourdes et des influences marquées par le hip-hop avec l’intégration de vocaux pour un travail qui nous fera un peu penser aux grandes heures de Funkstorung, et plus tard revisitant le blues avec Plus de sommeil. Le jeune homme y met tout son coeur, toute son énergie, prouvant du même coup au plus réfractaires du genre que le live au laptop peut être vivant. Dans le choix des sonorités on pourra également y voir quelques influences des années 80, l’impression d’entendre des claviers bruts mis en rythme de manière assez classique, comme à peu près toute electronica produite depuis une petite dizaine d’années. C’était le concert que l’on attendait le plus et nous fûmes conquis par cette première performance qui, comme l’avenir allait le confirmer, fut aussi la meilleure.
Changement complet de registre avec Damon & Naomi qui sont un peu l’exception du jour au milieu d’une programmation très électronique. En effet, lui à la guitare sèche, elle alternant entre guitare folk et clavier, le duo joue plutôt dans un registre pop-folk. Problème : on aura beau chercher on ne trouvera rien pour les sauver de cette prestation que l’on qualifiera de fade. Voix douces sans charme particulier, musique passe partout mais surtout sans aucune personnalité, on serait incapable suite à cette prestation de différencier la musique de Damon & Naomi de n’importe quel autre projet pop-folk. A leur décharge, on pourra voir là une petite erreur de programmation, puisque notre jugement aurait certainement été un peu moins radical s’ils étaient passé en première partie. D’une part passer après le son très constrasté de Mondkopf a du leur faire de l’ombre, et d’autre part ce dernier se serait mieux enchaîné avec la techno minimale de Dapayk & Padberg. Au bout de trois titres on a l’impression d’en avoir fait le tour et la suite nous le confirmera. Le duo ne semble pas vraiment à l’aise et on les comprendra. Faire de la folk intimiste dans un festival en plein air, même avec un air de sieste, n’est certainement pas leur place idéale.
Quoique la sieste a rapidement tourné assez court puisque Dapayk & Padberg arrivaient pour réveiller tout le monde. Derrière nous un spectateur surpris fera même la remarque : "Je croyais que c’était des siestes, comment veux-tu dormir avec ce boucan ?!?". Et on le comprendra aisément puisque le duo allemand œuvre dans un registre tech-house minimale lui au laptop, elle au chant, également avec un laptop... C’est ultra minimal, donc ultra répétitif, avec un son assez dur et sec. Dès le premier titre on a du mal avec la blonde à côté qui sert de caution sexy (elle est mannequin), sûrement là pour adoucir le propos en remuant son corps et lançant des "get off your ass" afin que le public se mette à danser. Le mélange musique et texte donne donc au final une minimale pop putassière qui ravira les danseurs, le duo ayant mis le feu à la Prairie des Filtres. Le festival des Siestes Electronique a régulièrement accueilli des artistes dans un registre similaire que l’on avait d’ailleurs pu largement apprécier (Jonas Bering, Nöze). Ceux-ci faisaient tout simplement preuve d’un peu plus de finesse, de recherche et de soin dans la construction de leurs grooves.
Il ne nous restera donc plus que Smith’n Hack sur lequel on passera rapidement. Grosse déception là encore avec une prestation plus proche du DJing que de la composition. Equipé d’un laptop, d’une table de mixage et de deux contrôleurs, il découpe, sample et balance ses boucles et sons tronqués issus de sa discothèque passée en MP3. On passe de l’électro-pop au ragga en passant par l’eurodance, un set qui part dans tous les sens sans véritable ligne directrice, non seulement il peine à convaincre mais les danseurs semblent également moins convaincus qu’ils ne l’étaient par Dapayk & Padberg. Anecdotique.
le 01/07/2008