12/07/2008
Glaz’Art,
Paris
Arturo en el Barco / Balún / Glaz’Art / Haiku Bang ! / Saycet
Il y a un peu plus de deux ans maintenant, on chroniquait sur ces pages l’album de Arturo en el Barco. Surprise de la retrouver à l’affiche de ce concert en plein mois de juillet, période de relâche culturelle parisienne. C’est le collectif Haiku Bang qui propose cette soirée plutôt orientée electronica puisque c’était également l’occasion de voir ou revoir les français de Saycet.
C’est vers 20h30, et après quelques gouttes inquiétantes, que Arturo en el Barco prend place. Sur scène le projet solo de la Portoricaine Angélica Negrón se transforme en duo puisque la jeune femme est accompagnée de José, les deux artistes travaillant déjà ensemble au sein du quatuor Balún. Lui au laptop, elle à l’accordéon, ils délivrent de douces mélodies rêveuses, une electronica soyeuse qui, confirmation en live, nous rappelle les premières heures des islandais de Múm. D’abord arythmique, leur musique intègre petit à petit quelques entre-chocs qui apportent un peu de relief, Angélica utilise une boîte à musique qu’elle met en boucle avec ses pédales d’effet, puis des rythmiques un peu plus sèches, typiquement electronica coordonnent le tout tandis que l’accordéon subit quelques effets de hachage.
Certes, la musique d’Arturo en el Barco n’est pas révolutionnaire, mais leur combinaison acoustique et electronique est parfaite, leurs mélodies sont sensibles, et jamais ils ne jouent la facilité. On n’en demande pas plus et ce fut un plaisir d’entendre leur musique se concrétiser en live.
Le temps de mettre en place le matériel, de se remettre de quelques pépins matériels (coupure de courant ?), et de s’assurer que tous les retours fonctionnent correctement, le concert de Saycet peut enfin démarrer. Alors que l’on pensait à un projet solo, on découvre trois artistes sur scène, tout de même centré sur Pierre Lefeuvre. Deux jeunes femmes sont avec lui, l’une notamment au chant, la seconde aux projections que ce soit sur écran classique, boule de papier et succession de voiles translucides. Le cas Saycet sera un peu plus complexe à analyser. Pour commencer on pensait qu’il s’agissait d’un projet purement electronica et les deux premiers titres, chantés, donnent un peu l’impression que le groupe est passé à la voix pour ajouter une dimension plus "pop" à leur musique. Plus gênant, c’est le même ton qui est utilisé sur chaque chanson, quelque part entre doux et plaintif, très monotone, ayant tendance à rendre les compositions de Saycet très linéaires alors qu’au contraire leur musique est plutôt colorée. Electronica pointilliste, mélodies de piano, rythmiques sèches et percutantes, accompagnements de nappes et sifflements mélodiques, efforts de cassures, filtres grésillants, le tout est relativement classique mais bien ficelé, avec parfois un titre un peu plus complexe dans sa composition. Par contre même quand la musique est agréable on est partagé entre l’appréciation de celle-ci et la visualisation plutôt énervante de Pierre Lefeuvre, aux mouvements quasi épileptiques derrière son clavier. Une impression au final mitigée, selon qu’il s’agisse ou non d’instrumentaux, et une musique que l’on préferera peut-être écouter tout simplement sur disque.
le 13/07/2008